L’adhésion de la Suisse à l’UE pourrait être une bonne affaire
Une adhésion à l'Union européenne serait encore plus profitable à l'économie suisse que les accords bilatéraux. Tous les secteurs n'en profiteront toutefois pas de la même manière, affirme une étude d'experts.
En cas d’adhésion, 45 000 emplois supplémentaires seraient créés par rapport à ce qui se passsera suite aux accords bilatéraux, affirme l’étude publiée dans le mensuel «La Vie économique» de septembre. Parallèlement, le produit intérieur brut s’apprécierait de 0,5 à 1,6 pour cent.
L’adhésion à l’UE créera, explique l’étude, une concurrence accrue: donc une pression sur les prix du marché et une diminution des cartels et oligopoles. Cette concurrence stimule l’innovation et la productivité.
La libre circulation des personnes permettrait une immigration de main-d’oeuvre qualifiée et susciterait une activité d’investissement un peu plus marquée en cas d’adhésion. Par contre, dans le domaine fiscal, les ajustements nécessaires seraient défavorables par rapport aux bilatérales.
La Suisse devrait contribuer au budget de l’UE à hauteur de 4,35 milliards de francs par an. En retour, elle recevrait des subventions, mais le transfert net se monterait tout de même à 3,125 milliards au profit de Bruxelles. Cette contribution grèverait les revenus des ménages, disent les experts.
La réforme fiscale, elle, apporte un effet positif de l’ordre de 1 pour cent sur le PIB. Elle se manifesterait par un élèvement du taux de la TVA de 15 pour cent au moins, estiment les experts du Laboratoire d’économie appliquée (LEA) et ceux d’ECOPLAN (Bureau pour les études économiques et environnementales), auteurs de l’étude.
Au niveau agricole, il faut s’attendre à un véritable bouleversement structurel du secteur. Ces changements et les subventions de l’UE feraient économiser à la Confédération 1,1 milliard de francs annuellement. Il est fort probable qu’une adhésion de la Suisse à l’UE se traduira également par un rattachement à l’Union économique monétaire (UEM) et donc à l’euro. Entrer dans l’Europe aura par conséquent des implications contradictoires.
Troquer le franc contre la monnaie unique permettrait aux consommateurs de bénéficier d’une transparence des prix accrue. Par contre, la manière exacte dont les taux d’intérêts s’aligneraient sur ceux de l’Europe divise encore les spécialistes.
La monnaie unique offrirait pourtant un avantage de taille. Les coûts de transaction et le risque de change permettraient de faire des économies de 2,6 milliards par an, soit une augmentation de 1,6 du PIB.
Globalement, une adhésion modifierait en grande partie le tissu structurel des branches économiques. Du côté des perdants, l’agriculture, les fabicants de produits alimentaires et de boissons verront leur volume diminuer, car trop positionnés vers le marché intérieur.
Les branches gagnantes seraient la chimie, le textile, les machines, les véhicules, l’électronique et les métaux. Hautement spécialisées, elles sont déjà tournées vers l’exportation. Mais, les vrais gagnants – outres les consommateurs – seront les nouvelles entreprises.
swissinfo avec les agences
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