La crise mondiale affecte les salaires en Suisse
Le terrorisme et la crise freinent la progression des salaires. Selon un sondage de l'UBS, les hausses réelles ne seront que de 1,3% l'an prochain.
Les salaires nominaux augmenteront de 2,3% en moyenne l’an prochain en Suisse, selon un sondage de l’UBS mené auprès d’entreprises et d’associations patronales. Compte tenu des prévisions d’inflation de 1,0%, cette progression devrait entraîner une croissance des salaires réels de 1,3%.
«Sans les crises récentes, les salaires auraient augmenté de 0,5% à 1,0% de plus», a expliqué jeudi Peter Buomberger, de l’UBS. Les événements dramatiques des dernières semaines ont en effet introduit beaucoup d’incertitude dans les négociations salariales.
Pour 75% des personnes interrogées, les crises récentes auront un impact sur les accords salariaux. Elles sont même 42% à penser que cette incidence sera importante, voire très importante.
Les informaticiens les mieux lotis
Le secteur informatique est une nouvelle fois le principal bénéficiaire des hausses, la progression des salaires escomptée s’inscrivant à 3,2%. Les employés de l’industrie chimique et pharmaceutique, et ceux de l’hôtellerie devraient aussi profiter d’une hausse de salaire de 2,9%. Elle sera de 2,8% pour le commerce de détail.
Par contre, la progression pourrait être moins marquée dans le secteur bancaire (+1,8%), l’imprimerie et les arts graphiques (+1,6%), l’industrie horlogère (+1,4%) et l’industrie textile (+1,4%).
Ecarts importants
L’étude fait par ailleurs état d’écarts importants entre les bonus versés dans l’industrie et ceux payés dans le secteur des services. Alors que dans l’industrie, 10% seulement des personnes interrogées s’attendent à une diminution des bonus en 2002, ils sont 56% à la redouter dans le secteur des services, 34% d’entre eux s’attendant même à un repli marqué.
Dans l’industrie, 71% des personnes sondées sont d’avis que les classes de salaires inférieures suivront la même évolution que les salaires moyens. Seuls 24% d’entre eux s’attendent à une progression plus rapide.
Dans la branche des services, en revanche, les classes inférieures semblent gagner du terrain. Pas moins de 43% des participants au sondage tablent sur une croissance plus rapide des bas salaires.
Résultats très fiables
Ces résultats émanent du sondage annuel sur les salaires conduit par l’UBS du 8 au 26 octobre dernier. Les entreprises et associations patronales interrogées sont représentatives de 17 secteurs d’activité employant au total 53% de la population active suisse.
Ce sondage est en général remarquablement fiable. Depuis 1989, l’écart moyen entre la hausse de salaire estimée par les sondés et la réalité traduite par les statistiques officielles n’a jamais dépassé 0,32%.
swissinfo avec les agences
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