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La finance doit apporter une réponse forte au terrorisme

"Les leaders de l'économie ne doivent pas se laisser affecter par les affentats", estime Luqman Arnold. Keystone Archive

Pour le patron de la plus grande banque helvétique, les attentats du 11 septembre ont bouleversé l'ordre mondial.

«Le 11 septembre, la plupart d’entre nous ont réalisé que nous avions derrière nous une période de stabilité sur le plan international, où les conflits majeurs semblaient plutôt lointains», a notamment déclaré M. Arnold. «Mais il était illusoire de penser que la paix était un fait accompli. Depuis la chute du Mur de Berlin, nous ne prêtions plus attention aux conflits locaux qui éclataient ci et là. Au lieu de cela, nous nous sommes concentrés sur les dividendes de la paix.»

Le patron de l’UBS a ajouté que les attentats contre les Etats-Unis ont rappelé l’étroitesse des liens qui unissent la liberté, la sécurité et la prospérité, et que le fait que l’un d’eux soit atteint rendait les autres fragiles.

En s’attaquant au centre financier du monde, les attentats ont démontré la vulnérabilité de l’unique superpuissance mondiale.

La liberté et le marché

Mais, Luqman Arnold s’est également dit convaincu que le cœur des marchés financiers mondiaux n’a pas été détruit pour la bonne raison que ce cœur est invisible. Et, citant le penseur libéral Adam Smith, de rappeler que le centre du marché se trouve dans les esprits d’individus libres jouissant de leur libre arbitre.

Bien sûr, l’économie mondiale a été touchée le 11 septembre mais, pour Luqman Arnold, «l’économie américaine avait déjà commencé à baisser. Cette dégradation a toutes les chances d’aboutir à une récession. Nous sommes donc dans une ère nouvelle après une longue période de croissance».

La réponse rapide de la Suisse

La Suisse avait bloqué les avoirs associés au réseau Al-Quaïda depuis longtemps mais, a déclaré Luqman Arnold, elle a répondu rapidement aux appels américains à la solidarité en mettant sur pied une task force. Celle-ci a renforcé sa collaboration entre les autorités des deux pays. De même, la Suisse a levé son secret bancaire lorsqu’il s’est agi de répondre aux demandes des Américains.

Ce qui prouve à nouveau, a déclaré M. Arnold, que le secret bancaire ne protège pas les criminels. «De nombreux spécialsites reconnaissent que la Suisse dispose des lois les plus sévères du monde contre le blanchiment d’argent… et qui vont même plus loin que les directives de l’Union européenne.»

Vigilance bancaire de mise

Après les attentats, l’UBS a d’elle-même, selon son patron, resserré sa surveillance. Mais, a admis Luqman Arnold, la Suisse souffre encore d’un problème d’image à l’étranger parce que sa position contre l’argent sale n’est pas reconnue par une bonne partie de l’opinion.

«La Suisse a trouvé un équilibre délicat entre la liberté et la sécurité, qui est est à la bse de sa prospérité», a-t-il encore déclaré. «La discrétion est certainement un ingrédient clé, mais, avec les années, la Suisse a également prouvé sa capacité à protéger son système contre les abus. Aujourd’hui, elle est championne de la lutte contre le blanchiment d’argent, et elle devrait le rappeler un peu plus souvent.»

Michael Hollingdale

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