La Finlande plus compétitive que la Suisse
La Suisse recule, mais garde de bonnes notes dans le classement de la compétitivité mondiale. Mais c'est un autre petit pays qui l'emporte: la Finlande.
Le Forum économique mondial (WEF), une organisation basée à Genève, publie chaque année ce palmarès des pays les plus compétitifs de la planète. Rédigé avec le concours de l’université américaine de Harvard, ce rapport se base à la fois sur la compilation de données existantes et sur un sondage réalisé auprès de 4600 responsables économiques.
Un double classement, en fait, puisque le rapport contient deux index. L’un mesure le potentiel de croissance, sur cinq ans, des différentes économies. L’autre vise à cerner la performance actuelle d’un pays. Et c’est un petit Etat européen qui parvient cette année à se placer en tête de ces deux classements, devant les Etats-Unis: la Finlande.
La Suisse au 15ème rang
La Suisse, elle, semble en recul. Elle se maintient certes à une bonne cinquième place sur l’échelle de la productivité actuelle, mais elle passe de la 9ème à la 15ème place dans la liste qui exprime le potentiel de croissance.
Rien de très grave, pourtant, pour Peter Cornelius, l’un des auteurs du rapport, qui explique ce glissement par une modification de la manière d’établir le classement.
«Si nous avions utilisé exactement la même méthodologie que celle que nous utilisons maintenant, la Suisse aurait été classée 15ème l’année passée.» Ce qui place tout de même la Suisse devant l’Allemagne, la France, l’Italie et le Japon. Ou, pour prendre des pays de taille plus comparable, devant l’Autriche et la Belgique, mais derrière les Pays-Bas.
Plus de hi-tech
«On doit faire plus pour faire avancer les réformes, poursuit Peter Cornelius à propos de la Suisse, en particulier dans la promotion du secteur des hautes technologies. Finalement, c’est la technologie qui va faire croître la productivité et améliorer la croissance économique.»
Ses bonnes notes, la Suisse les doit notamment à la qualité des infrastructures, à celles de ses écoles, aux dépenses de ses entreprises en matière de recherche et développement (1er rang). Le gouvernement est aussi très bien noté.
Par contre d’autres indicateurs la pénalisent. C’est par exemple le cas des prix de l’électricité (56ème rang) ou la place des femmes dans l’économie (49ème rang).
Un effet Swissair?
Le rapport du WEF ne tient en outre pas compte du traumatisme Swissair, puisque l’effondrement de la compagnie aérienne remonte à ces dernières semaines. Il faut attendre le prochain classement. «Dans la mesure où les principes de gouvernement d’entreprise ont été touchés, les responsables économiques pourraient changer d’avis lors du sondage 2002, admet Peter Cornelius. Mais cela reste à vérifier.»
Pierre Gobet, Zurich
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