La fraude coûte cher aux CFF
Les faux billets de train et la resquille coûtent 80 millions de francs par année aux CFF. Une difficulté de plus pour l'entreprise déjà en crise.
Le moins que l’on puisse dire c’est que l’ex-régie accumule les problèmes. Ce week-end, déjà, les CFF ont dû supprimer un train régional par manque d’effectif. Voilà qu’elle annonce perdre annuellement 40 millions de francs à cause des faux titres de transports.
A cela s’ajoute un préjudice équivalent de 40 millions, occasionné par les voyageurs sans billet.
Une situation préoccupante
«La situation est préoccupante, lance Jean-Louis Scherz, porte-parole des CFF, d’autant plus que nous avons déjà introduit un système coûteux pour rendre les contrefaçons difficiles».
Pour l’heure, il est impossible de juger l’efficacité de ces investissements. Et cela surtout parce que les CFF doivent faire face à de nouveaux problèmes.
«La lutte contre la fraude est un défi permanent, précise le porte-parole. Et nous sommes confrontés à des réseaux mafieux internationaux, soit en Suisse, soit à l’étranger.»
Ces réseaux ont une certaine maîtrise de la technologie. «Avec l’informatique moderne, les scanners, il devient assez aisé de falsifier des documents», ajoute Jean-Louis Scherz.
S’unir avec l’Europe pour mieux lutter
«Nous travaillons donc de concert avec les autres pays européens, frappés eux aussi par la fraude. Ceci afin de mettre sur pied une véritable stratégie de lutte contre ces réseaux. C’est à dire de prendre le mal à sa racine», précise-t-il.
Le fait que la Suisse ne fasse pas partie de l’Union européenne ne semble pas avoir pénalisé les CFF. Tout simplement parce qu’elle «est membre de l’Organisation européenne des chemins de fer».
Et le porte-parole d’ajouter: «nous avons toujours été des partenaires à part entière des compagnies des pays voisins, et nous n’avons pas perdu de temps dans ce domaine».
Engagement de personnel
Toutefois, si la lutte est lancée sur le plan international, l’ancienne régie paie peut-être le tribu d’une politique d’économie mal ciblée. «Le manque de personnel affecte tous les secteurs, affirme Jean-Louis Scherz. Et nous sommes en train d’engager 500 personnes (200 mécaniciens et 300 agents de trains et agents commerciaux).» Cela dit, cela pourra améliorer le contrôle des titres de transports et diminuer l’utilisation de faux titres.
Il reste que le problème de la resquille reste entier. Car il est très différent. «Malgré les contrôle sporadiques, les voyageurs sans billets sont de plus en plus nombreux, surtout dans les trains régionaux, précise Jean-Louis Scherz.»
En effet, «le retour de contrôleurs permanents dans les trains coûterait beaucoup plus d’argent que les 40 millions perdus annuellement», conclut le porte-parole.
Jean-Louis Thomas
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