La Suisse ne craint pas une épidémie de chats fous
Un premier cas d'encéphalopathie spongiforme féline (ESF) a été découvert en Suisse. La maladie a déjà touché une petite centaine de chats en Europe. Mais les vétérinaires ne craignent pas d'épidémie. Et Berne n'envisage pas de prendre de nouvelles mesures.
«Nous supposons que ce chat a été contaminé par la nourriture», lance le porte-parole de l’Office vétérinaire fédérale (OVF), Heinz Mueller. S’ils ne peuvent rien prouver, les vétérinaires semblent unanimes: l’animal vaudois né en 1995 a vraisemblablement mangé de la viande contaminée, crue ou insuffisamment chauffée.
Des félins sauvages contaminés
Ce cas n’est pas unique. L’ESF, dont l’agent responsable a une grande affinité avec celui de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), a été détecté pour la première fois en Grande-Bretagne, en 1990.
Depuis, 90 chats domestiques ont été atteints outre-Manche. D’autres cas ont été enregistrés en Europe: un en Norvège, un au Liechtenstein et un en Irlande. En outre, des félins sauvages, pensionnaires de zoos, ont été touchés par la même maladie.
Mais en Suisse, les vétérinaires restent sereins. Dans notre pays, les organes dits à risque sont directement incinérés et l’utilisation de cadavres dans la nourriture pour animaux est interdite depuis 1996.
En 1998, ces mesures ont été élargies à la nourriture pour animaux étrangère, vendue en Suisse. Pour toute importation, l’OVF demande d’ailleurs un certificat sanitaire signé par un vétérinaire officiel.
Ingrédients à risque proscrits
Le temps d’incubation de la maladie est d’environ cinq ans. Le chat qui a dû être endormi a donc vraisemblablement été infecté avant l’entrée en vigueur de ces réglementations. Du coup, l’OVF n’envisage pas de nouvelles mesures de contrôle.
A l’Institut de neurologie animale de l’Université de Berne, Rosmarie Fatzer abonde dans ce sens: les mesures prises par Berne sont adéquates. A l’image de Heinz Mueller, cette vétérinaire ne s’attend pas à une épidémie de chats fous, même si «avec ces maladies, il existe toujours une part d’incertitudes».
La Société pour l’alimentation des animaux familiers, qui regroupe les principaux producteurs, ne semble pas non plus inquiète. Depuis 1990, ses membres ont volontairement proscrit tout ingrédient à risque de leurs pâtées et autres croquettes.
«Je suis prêt à mettre ma main au feu: nos produits ne présentent aucun risque», assure le porte-parole de ce groupement, Bernhard Welten.
Reste que cette question pourrait inquiéter de nombreux Suisses: notre pays compte en effet plus de 1,3 million de chats. En revanche, pas de quoi s’inquiéter pour les quelque 500 000 chiens suisses, puisque aucun canidé n’a été atteint jusqu’à aujourd’hui par cette maladie. La volaille et les chevaux sont également épargnés.
Caroline Zuercher
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