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Les assurés se plaignent, mais n’agissent pas

C'est aux assurés à prendre leur destin en main. Keystone Archive

L'annonce des hausses des primes maladie suscite chaque année la même grogne chez les assurés. Qui, malgré les incitations de la Confédération et des associations de consommateurs, ne changent que rarement de caisse pour faire baisser leurs primes.

Jusqu’à quand les consommateurs supporteront-ils les hausses de leurs primes d’assurance? La question se pose chaque automne. Et de façon encore plus aiguë cette année. Puisque l’augmentation moyenne nationale (de 9,74%) est particulièrement élevée.

Christian Chevrolet, rédacteur en chef de Bon A Savoir, journal spécialisé dans la consommation, parle de «catastrophe». Même ton au parti socialiste: «la charge des primes est désormais insupportable pour une majorité de personnes», écrit-il dans un communiqué de presse.

Vers un moratoire?

Le PS avait déjà déposé, le mois dernier, une initiative parlementaire qui propose un moratoire gelant les primes pour une année au moins. Le temps de trouver des solutions pour le long terme.

Car le pire reste à venir. Alors que les parlementaires planchent sur une révision de la loi sur l’assurance maladie (LaMal), on prévoit déjà de nouvelles hausses des coûts de la santé.

«En France, la population serait déjà dans la rue», ironise Christian Chevrolet. Mais les Suisses, eux, peinent à passer aux actes. Sans les pousser à la révolution, il est surprenant de noter qu’ils ne font pas marcher la concurrence entre les assurances.

Economies substantielles

Selon un sondage Gfs, seuls 5% des assurés envisagent de changer de caisse à la fin de l’année; et 3% le feront réellement. L’année dernière, ces chiffres n’étaient guère plus élevés. Et cela malgré les appels de la ministre de la Santé, Ruth Dreifuss, et des associations de consommateurs.

Et pourtant, changer de caisse maladie permet des économies substantielles. Au même titre que le recours au modèle des médecins de famille et des réseaux HMO. Auquel seuls 10% des affiliés ont recours.

Les Suisses ne semblent donc pas se donner les moyens de réaliser des économies. Et n’utilisent que deux solutions: le choix d’une franchise plus élevée ou l’abandon d’assurances complémentaires.

Tracasseries administratives

Première explication de cette contradiction: les primes varient fortement d’une année à l’autre, et une assurance bon marché peut rapidement devenir chère. Ce qui contraint à plonger annuellement dans les tracasseries administratives.

Christian Chevrolet parle aussi de «peur» des assurés. Une crainte qui serait même entretenue par les assureurs: «il y a une confusion générale entre l’assurance de base, et l’assurance complémentaire. Mais ce sont des choses différentes et indépendantes», précise-t-il.

Le rédacteur en chef de Bon à Savoir avance une dernière explication: «j’ai l’impression que c’est un sujet tabou. Et les gens économisent sur d’autres choses, mais pas sur la santé.»

Ces constatations ont tout de même un avantage: de nombreux assurés pourront encore réaliser de substantielles économies. La preuve par trois sites Internet…

Caroline Zuercher

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