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Les banques suisses sont-elles des boucs émissaires au Japon?

L'UBS est l'une des cibles favorites de l'Agence financière japonaise. Keystone Archive

L'UBS fait l'objet à Tokyo, depuis le milieu de l'année dernière, d'une enquête de l'autorité de supervision du système financier nippon. Une procédure qui survient après les ennuis du Credit Suisse au Japon. Du coup, les autorités sont accusées, aujourd'hui, de mener une campagne anti-étrangers.

Longtemps inoffensive, l’Agence financière japonaise (FSA) cède à l’excès de zèle. Elle ne pardonne plus aux banques et maisons de titres étrangères présentes au Japon la plus petite violation du code. L’UBS est l’une de ses cibles favorites. Ces dernières années, les inspecteurs de la FSA ont effectué plusieurs raids-surprise dans ses locaux. Leur dernière occupation date d’août 2000. Et ils n’en sont toujours pas ressortis.

Pas de chasse aux sorcières

Ce sont les méthodes d’inspection qui sont contestées. «Les enquêteurs de la FSA arrivent sans prévenir. Ils peuvent rester dans vos bureaux pendant des mois. Et ils traitent parfois le personnel local avec agressivité.

Certains employés japonais spéculent que les inspecteurs de la FSA ont, peut-être, reçu une formation militaire», déclare un banquier suisse à Tokyo à la condition de ne pas être identifié.

La FSA dément avec véhémence les accusations de chasse aux sorcières contre les banques étrangères, pour faire oublier aux Japonais leurs difficultés économiques. Elle remarque que, jusque dans un passé récent, les mesures de contrôle interne de l’UBS, du Credit Suisse et des autres établissements étrangers laissaient à désirer. Parce que, justement, ils croyaient que l’Agence gardait un oeil mi-clos sur leurs activités à la limite de la légalité.

Pour l’exemple

Le Credit Suisse a payé le prix fort ses transferts à l’étranger de mauvaises dettes pour le compte d’institutions financières japonaises au bord de la faillite. Il a perdu sa réputation et l’une de ses licences bancaires. Un tribunal de Tokyo l’a condamné l’an dernier à une forte amende tandis que l’un de ses anciens directeurs était aussi déclaré coupable pour entrave à l’enquête de la justice.

«La banque suisse a, sans doute, servi d’exemple. Le fait qu’elle appartienne à un petit pays non-membre de l’Union européenne a incité la FSA à se montrer plus sévère. Car elle sait que la Suisse n’a pas de poids politique ou très peu», remarque un banquier britannique.

Un responsable de la FSA assure qu’il est faux de croire que ses inspecteurs se sentent les coudées plus franches en s’en prenant aux banques suisses.» Nous ne discriminons pas un établissement en fonction de sa nationalité. La preuve, nous venons d’imposer des sanctions contre l’américain Goldman Sachs, et nous n’épargnons pas les banques japonaises qui violent la réglementation en vigueur».

Georges Baumgartner, Tokyo

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