Les CFF mettent fin à leurs aventures britanniques
Les chemins de fer fédéraux (CFF) renoncent. Ils ne prendront pas pied sur le réseau ferroviaire anglais. Ce revirement, annoncé jeudi, serait dû «aux changements intervenus dans le contexte de la politique ferroviaire en Grande-Bretagne.
Les projets du ministre des transports britannique ont eu raison des volontés expansionnistes des CFF. Stephen Byers souhaite ralentir le processus de libéralisation des chemins de fer britanniques.
Concrètement, le ministre britannique veut prolonger les concessions d’exploitation actuelles d’une à deux années. Et limiter les futures franchises à une durée de sept ans – beaucoup moins que les douze à vingt ans prévus initialement.
Les CFF, eux, n’attendront pas plus longtemps. D’autant plus que l’attente coûte cher. Ils renoncent pour le moment à solliciter les deux concessions qu’ils briguaient à l’ouest de Londres. Et le personnel des CFF présent en Angleterre va rentrer en Suisse.
Manque d’efficacité du gouvernement britannique
Pour mémoire, les CFF avaient signé un partenariat avec la société John Laing Investments LTd en septembre 2000. Aujourd’hui, cette société dit «comprendre les CFF». Et montre du doigt le manque d’efficacité du gouvernement britannique.
Le partenaire anglais des CFF estime qu’il serait «irréaliste», et surtout trop cher, de continuer à attendre le feu vert des autorités. La séparation se passe donc en bon terme.
Victoire syndicale
Les CFF restent d’ailleurs à la disposition de cette société, comme conseillers. Ils laissent ouverte la possibilité de participer, dans le futur, à l’exploitation d’une des concessions qui pourraient être octroyées à son partenaire.
«C’est un alibi pour ne pas perdre la face», rétorque Eric Levrat, du Syndicat du personnel des transports (SEV). Le SEV crie victoire: il s’est toujours opposé au rêve britannique des CFF. Et voulait au contraire donner la priorité au marché national, en particulier au transfert du trafic routier sur le rail.
Explications divergentes
Du côté syndical, on donne d’autres explications à ce retrait: «les problèmes de sécurité des chemins de fer anglais, le manque d’investissements pour les infrastructures ou encore la mauvaise qualité des transports publics ont fait réfléchir les CFF, estime Eric Levrat. D’autre part, les difficultés de grandes entreprises comme Swissair ont certainement apporté un frein à ces idées d’expansion.» Ce que réfute les CFF.
L’aventure anglaise des CFF a coûté quelque deux millions de francs. Sans rapporter les revenus espérés de l’exploitation d’un réseau. Une consolation peut-être… Les CFF voulaient aussi se frotter à un marché compétitif dans l’optique de la libéralisation prévue en Suisse. Ils estiment avoir acquis ce savoir-faire.
Caroline Zuercher avec Gaetan Vannay à Londres
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