Les Japonais préfèrent les Suisses
Citizen Watch et Seiko traversent la crise la plus grave de leur histoire. C'est la faute aux Japonais et aux horlogers suisses.
«Le Japon est notre marché le plus important. Mais, aujourd’hui, c’est impossible de concurrencer les Suisses si vous n’êtes pas vous-mêmes
un horloger helvétique», lance, sous le couvert de l’anonymat, un responsable de Citizen à Tokyo.
Et d’ajouter: «notre clientèle préfère aujourd’hui acheter des montres suisses ou des montres vendues par des sociétés comme Giorgio Armani et Calvin Klein. Des produits de luxe qui sont, d’ailleurs, fabriqués en Suisse, le plus souvent. C’est très frustrant.»
«Notre seule consolation, conclut ce responsable de Citizen, c’est que les montres ne représentent plus que 50% de l’ensensemble de notre chiffre d’affaires.»
L’attraction des produits suisses
Seiko – le numéro 2 japonais – avoue lui également que ses montres ne
résistent pas à l’attraction des produits suisses. Les Omega, Tag Heuer et autres Longine sont davantage prisés des Japonais.
En désespoir de cause, Seiko a, donc, décidé de créer une holding. Pour détacher sa production de montres des autres activités du groupe.
D’après le journal économique Nikkei, son secteur horloger n’est plus profitable. Et, dans l’archipel, ses ventes de montres auraient reculé de 30% par rapport à leur niveau de 1997.
«Au Japon, 50% de la population possède un téléphone mobile qui indique
le temps. Une montre manquant de cachet n’attire plus personne. Même si elle est bon marché», explique Richard Chu, un analyste de ING Barings.
«Préférez-vous dépenser 200 dollars pour un téléphone mobile ou 200 dollars pour une montre? La réponse évidente. Vous choisissez un téléphone portable. Dès lors, conclut Richard Chu, si vous n’avez pas une image de marque à vendre, à l’instar des horlogers suisses, vous êtes ignorés.»
Les deux horlogers japonais tentent de trouver une riposte à leurs
concurrents suisses avec des montres multi-fonctionnelles qui prennent
des photos ou téléchargent de la musique sur l’Internet. A cet effet, ils ont d’ailleurs décidé de mettre en commun leurs réseaux de distribution, à Tokyo et à Osaka.
Georges Baumgartner, Tokyo
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