Les leçons européennes de l’accident du Gothard
Après l'accident du Gothard, l'Europe s'interroge sur la sécurité dans les tunnels. Et la Commission européenne veut en profiter pour relancer ses projets.
«La sécurité zéro n’existe pas, commente un fonctionnaire de la Commission. Pourtant, on peut encore améliorer les choses. Et, pour cela, il faut que l’on prenne des décisions politiques draconiennes.»
Trois axes d’intervention
Des efforts pourraient être faits dans trois directions. A commencer par la sécurité. A cet effet, l’exécutif européen est en train préparer une directive qu’il proposera début 2002. Et qui contient toute une série de mesures, comme la circulation alternée dans les tunnels.
Autre point, l’amélioration de la législation sociale relative aux routiers. Le 17 octobre, la Commission européenne a d’ailleurs demandé aux Etats membres de l’Union d’édicter des règles claires et uniformes à propos des temps de conduite et de repos des chauffeurs.
«La course à la compétitivité, souligne Loyola de Palacio, commissaire aux Transports, pousse certains opérateurs à ignorer les règles les plus élémentaires.»
Enfin, selon la Commission européenne, il faudrait entreprendre de grands travaux d’infrastructures. Avec, pour but, le transfert de marchandises de la route vers le rail. La Commission a détaillé ses propositions dans son Livre blanc du 12 septembre.
Le modèle suisse
S’inspirant du modèle suisse, la Commission suggère notamment de financer le rail par une taxation plus forte des véhicules routiers les plus polluants. Elle propose aussi de faire passer de 10 à 20% la participation financière européenne aux projets transfrontaliers ferroviaires.
Le problème du franchissement des Alpes, comme celui des Pyrénées, sont des dossiers sensibles et bloqués. La Commission espère que le drame du Gothard incitera les Etats à prendre des décisions «ambitieuses».
Mais, dans l’immédiat, elle plaide pour la réouverture rapide du tunnel du Mont-Blanc.
Barbara Speziali, Bruxelles
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