La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

Les piques de Mario Corti à l’UBS

Mario Corti a rompu le silence . Keystone

Le patron de Swissair rend l'UBS responsable de l'immobilisation de la flotte le 2 octobre dernier. Il reconnaît avoir lui aussi commis des erreurs.

Mario Corti a rompu le silence dans lequel il se confinait depuis un certain temps suite à la débâcle de Swissair. Dans une interview au Tages-Anzeiger et au Bund, Mario Corti a expliqué qu’il aurait dû intervenir plus tôt et de manière plus radicale.

Car, dit-il, la compagnie était déjà très affaiblie en mars dernier. Mais une première mesure consistant à baisser les salaires de 30% n’aurait guère été appréciée.

Mensonges et mesquinerie

Le président de SAirGroup s’est par ailleurs indigné des mensonges et de la mesquinerie auxquels il est confronté depuis la déconfiture de Swissair. Il s’est aussi montré déçu et personnellement affecté par le comportement du patron de Crossair, Moritz Suter.

Dans une prise de position sur Internet, Swissair a par ailleurs rendu l’UBS responsable de l’immobilisation de la flotte le 2 octobre dernier. Contrairement à ce que prétend la banque, la compagnie affirme qu’elle n’avait pas les liquidités nécessaires pour faire voler les avions.

«Je peux vous assurer que l’argent n’était pas à ce moment-là entre les mains de la compagnie. Il a manqué 250 millions qui n’apparaissaient pas dans les livres de Swissair ce jour-là», a déclaré dans une interview de quatre pages au journal Le Temps Bénédict Hentsch, vice-président du conseil d’administration de Swissair et administrateur du quotidien.

Benédikt Hentsch a concédé deux erreurs stratégiques: l’entrée dans le capital de la compagnie allemande LTU et des françaises Air Littoral et AOM. «Ce sont en fait nos deux seules erreurs, mais très lourdes de conséquences financières», a-t-il déclaré.

Il n’exclut d’ailleurs pas des conséquences juridiques au vu du prix «ridiculement bas » payé par les banques pour racheter Crossair. «On va certainement nous attaquer sur cette vente bradée», a-t-il concédé.

Participation dans LTU négociable pour un euro

SAirGroup et SAirlines ont par ailleurs été autorisés à vendre la participation de 49,9% dans la société allemande LTU pour un euro, a annoncé vendredi Karl Wuethrich, commissaire provisoire du groupe Swissair.

La participation de Swissair dans la société allemande LoMa-Beteilunggeselschaft de Cologne, qui détient 100% des actions de la société LTU, sera transférée à la société REWE-zentralfinanz e.g. de Cologne.
La vente de cette participation s’accompagnera de la renonciation réciproque à toutes les créances, à l’exception des garanties fournies par SAirGroup à des tiers, notamment les bailleurs ayant financé les avions en leasing de LTU.

Au total, cet accord se soldera pour les sociétés Swisssair par des pertes estimées à un montant variant entre 500 et 700 millions de francs suisses. L’accord permettra d’éviter des pertes supplémentaires de l’ordre de 1,285 milliard de francs, selon le commissaire.

Grâce à cette convention, l’engagement contractuel des sociétés Swissair à prendre en charge la totalité du risque financier de LTU jusqu’à la fin de l’année 2005 devient caduc.

Union sacrée nécessaire

Enfin, une discussion de plusieurs heures a eu lieu vendredi à Zurich entre la direction de Crossair et quelque 2000 collaborateurs de Swissair Group. André Dosé, patron de Crossair et de la nouvelle compagnie aérienne, a clairement affirmé que le projet reposait toujours sur la variante 26/26.

André Dosé a exhorté l’assistance à enterrer tous les préjugés et à prendre un nouveau départ. Tous ceux qui contribuent à la réalisation du projet Phénix seront traités loyalement et sans différence entre ceux qui viennent de Swissair ou de Crossair.

Le patron de Crossair a lancé un appel aux collaborateurs. La réalisation du projet Phénix ne sera possible que si elle est l’œuvre de tous, au-delà des barrières hiérarchiques.

André Dosé a aussi dit comprendre les craintes des collaborateurs de Swissair licenciés. «Crossair fera le maximum pour pouvoir offrir un avenir au plus grand nombre possible d’entre vous», a-t-il lancé aux employés.

swissinfo avec les agences

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision