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Les syndicats dressent leur plan de bataille

Paul Rechsteiner, Serge Gaillard et Jean-Claude Rennwald, dirigeants de l'USS, ce mercredi à Berne. Keystone

A la veille de la rentrée politique, l'Union syndicale suisse (USS) place la barre de ses revendications à un niveau élevé. Elle réclame une augmentation des revenus de 5%, une limitation des systèmes de bonus et de salaire au mérite, ainsi que l'instauration d'un salaire minimum à 3000 francs net.

C’est devenu une tradition. Chaque année, à la fin de l’été, les syndicats font leur rentrée en informant les médias de leurs revendications. Mercredi à Berne, Serge Gaillard, secrétaire dirigeant de l’USS, a donné le ton: «augmenter les salaires «normaux», baisser les salaires directoriaux: tel devrait être le mot d’ordre du prochain cycle de négociations salariales.»

Rattraper le temps perdu

L’USS, qui regroupe quatorze syndicats, revendique une hausse des salaires de 5% (renchérissement compris). Motif: «pour les salariés, les années 90 ont été des années perdues», résume Serge Gaillard. En une décennie, leurs revenus ont stagné, et leur pouvoir d’achat a diminué de 5%.

Cette situation a perduré après 1997, l’année qui marque le début de la reprise économique. En effet, les salaires n’ont été retouchés qu’en l’an 2000. Pour les syndicats, cela ne fait aucun pli: il faut maintenant combler le retard accumulé.

Et les défenseurs des ouvriers ne veulent pas entendre parler de nouvelle crise économique! «C’est juste, l’économie s’affaiblit, admet Serge Gaillard. Mais pour le moment, ce phénomène ne touche que les exportations alors que l’économie intérieure fonctionne. De plus, une hausse réelle des salaires peut soutenir l’économie.»

Non aux bonus!

Et pourquoi ne pas compenser ces pertes par une diminution des revenus des managers? En effet, l’USS voit rouge, lorsqu’elle aborde la question des salaires des cadres supérieurs, qui «confinent toujours plus au scandale».

Autre souci: la généralisation des bonus et autres rémunérations au mérite. Durant les années 90, l’individualisation semble avoir pris le pas sur les négociations collectives des salaires. Du coup, les syndicats craignent que l’écart entre les salaires ne se creuse.

Pour éviter un tel fossé, justement, l’USS poursuit sa campagne de salaire minimal à 3000 francs net. Lancée il y a trois ans, celle-ci a déjà porté ses fruits. Notamment dans le commerce de détail, où Migros et Coop élèvent actuellement les salaires, et dans l’hôtellerie.

Rentrée chargée

Mais la situation des employés reste précaire dans certains domaines, en particulier ceux où les syndicats sont peu, ou pas du tout, présents. Il s’agit notamment de l’agriculture, du textile ou encore du nettoyage.

Voilà pour les grands principes. Plus concrètement, les syndicats vont s’atteler au renouvellement de la convention collective du bâtiment. Ils s’attendent également à de grandes discussions au sujet des salaires des cheminots, et ceux de certains employés du secteur public.

Caroline Zuercher

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