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Les voyagistes suisses indifférents à la nouvelle Crossair

swissinfo.ch

Utile mais pas indispensable. Tel est le point de vue des professionnels du voyage à l'égard de future compagnie nationale.

Réunis dans le cadre du Travel Trade Workshop à Montreux – un salon qui compte 1200 professionnels suisses et étrangers du tourisme – les voyagistes helvétiques ont salué, à leur manière, la naissance annoncée d’une nouvelle compagnie nationale. Avec intérêt mais sans véritable engouement.

Certes, les agences de voyages autant que les tour-opérateurs s’accordent à dire qu’il est plus confortable de travailler avec une compagnie qui offre des lignes directes pour les destinations long-courriers. Mais l’argument vaut surtout pour les voyages d’affaires.

Avantage des vols directs

«La clientèle ‘business’ exige des vols directs, des horaires attractifs et une plus grande flexibilité en matière de réservation», souligne Roland Schmid, porte-parole du groupe TUI.

Pour ce type de clientèle, prête à payer le billet au prix fort, «une compagnie nationale offre les meilleures garanties», précise Roland Schmid. Car, les compagnies étrangères, actives en Suisse, n’assurent généralement pas de long-courriers sans une escale dans leur aéroport d’attache.

Le simple touriste préfère lui aussi les vols directs. Mais, à en croire les professionnels du voyage, sa décision est largement influencée par le coût. Dès lors, les billets bons marchés font recette auprès de cette clientèle.

Plusieurs tours dans leur sac

«Autrefois, l’attachement à Swissair a joué un rôle important, tempère Roland Schmid. Si la future compagne parvient à remporter les faveurs de public, les voyagistes suisses continueront de vendre ses billets». La question reste donc ouverte.

De leur côté, les voyagistes ont déjà plusieurs tours dans leur sac pour satisfaire les désirs d’évasion de la clientèle. A titre d’exemple, le Groupe TUI – troisième voyagiste suisse – ne vendait en moyenne que 50% des vols de ligne Swissair.

L’autre moitié des billets vendus était répartie entre diverses compagnies étrangères. Bien sûr, cet équilibre a été bouleversé par la récente débâcle de la compagne nationale.

Par ailleurs, les grands voyagistes suisses vendent avant tout leurs propres arrangements avec des destinations généralement desservies par des vols charters. Une activité qui continuera de s’exercer indépendamment de l’existence ou non d’une compagnie nationale.

Le poids des agences

Les voyagistes de moyenne et petite taille, eux, ne bénéficient pas de cette indépendance. Ils sont ailleurs indispensables à la réussite de la future compagnie nationale.

En effet, 70% des billets de Swissair étaient vendus à travers ce réseau de distribution. Juste avant la débâcle financière du groupe.

«Les agences de voyage tiennent donc le couteau par le manche», déclare Didier Walzer, rédacteur au journal professionnel du tourisme Travel Inside.

Et cet observateur privilégié du monde du voyage de préciser: «Si les conditions offertes par la nouvelle compagnie ne répondent pas à leurs attentes, les agences de voyage pourraient bien transférer leur clientèle vers des compagnies étrangères.»

Au cœur de l’enjeu, il y a notamment l’importance des commissions que la future compagnie nationale acceptera de verser à ses revendeurs.

Vanda Janka

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