Nouvelle tragédie à New York
Un Airbus d’American Airlines s’est écrasé lundi sur le quartier du Queens. Bilan provisoire: 265 morts. La thèse de l’accident est privilégiée.
Lors d’un bref point de presse tenu pendant la nuit de lundi à mardi, le Bureau américain de Sécurité des Transports, qui est chargé de l’enquête, a indiqué qu’un premier examen de l’enregistreur des conversations de l’équipage du poste de pilotage confirme l’hypothèse de l’accident.
Encore bien des questions
Cette boite noire a été retrouvée rapidement hier sur les lieux du crash, puis acheminée au siège du Bureau de Sécurité des Transports à Washington. La deuxième boite noire, celle qui contient les données techniques du vol, n’a pas encore été récupérée.
La chaîne de télévision américaine CBS affirme néanmoins que les enquêteurs sont «étonnés» par la puissance de l’explosion qui s’est produite en plein vol et semble avoir causé le crash de l’Airbus A-300 d’American Airlines.
Des morceaux de la carlingue ont en effet été retrouvés non seulement aux alentours du principal point d’impact, à Rockaway Beach dans le district du Queens, mais aussi en plusieurs endroits du reste de la presqu’île de Belle Harbor et dans la baie de Jamaïque.
Selon CBS, une chaîne généralement très bien informée, les enquêteurs trouvent «bizarre»que les ailes de l’appareil se soient détachées. Ils laissent entendre qu’une explosion de cette force ne peut avoir été provoquée que par un problème irréversible de moteur ou par des explosifs placés à bord de l’avion.
En tous les cas, les autorités de New York indiquent que les corps de 265 personnes ont déjà été retrouvés dans les décombres. A bord du vol 587, il y avait 251 passagers et neuf membres d’équipage. Elles ajoutent qu’au moins six personnes sont portées disparues au sol, la chute de l’avion ayant complètement détruit ou gravement endommagé 12 maisons individuelles.
Le Queens doublement touché
Le drame intervient deux mois après les attentats du 11 septembre à New York et Washington, et frappe un quartier du Queens qui avait déjà perdu plus de 70 habitants dans l’effondrement des gratte-ciel du World Trade Center.
Ces personnes travaillaient, soit pour des sociétés financières dont les bureaux se situaient dans les gratte-ciel, soit pour les services de police et de pompiers qui ont répondu aux premiers appels au secours des employés du World Trade Center.
Aucune hypothèse écartée
A Washington, George Bush exprime «sa profonde sympathie aux New-Yorkais». «Je n’ai aucun doute de voir les habitants de New York surmonter cette nouvelle tragédie car ils sont un peuple qui a du courage et du ressort», déclare le président américain qui, par ailleurs, s’abstient de tirer toute conclusion sur la cause du crash.
A la Maison Blanche, le porte-parole Ari Fleisher relève que les services secrets ne disposaient d’aucun renseignement relatif à une menace d’attentat pour la journée de lundi ou la ville de New York.
M. Fleisher précise qu’au vu des premiers éléments d’enquête, «toutes les communications entre le sol et le cockpit étaient normales jusqu’au moment du crash». Néanmoins, et tout en mettant en garde contre les conclusions hâtives, le porte-parole de la Maison Blanche dit aussi «n’écarter aucun scénario», y compris celui de l’attentat.
Marie-Christine Bonzom, Washington
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