Philippines: critiques contre les OGM pour bébés de Novartis
Greenpeace lance une campagne ciblée aux Philippines contre le groupe pharmaceutique suisse. Objectif: amener Novartis à retirer du marché des produits alimentaires pour bébés contenant des organismes transgéniques.
Novartis confirme les accusations de l’organisation environnementale. Mais n’envisage pas, pour le moment, le retrait de ses produits.
Gerber, un groupe alimentaire américain partie intégrante de Novartis, fabrique en Indonésie des produits alimentaires pour bébés. Après analyse dans un laboratoire de Hong Kong, Greenpeace a découvert dans trois d’entre eux du soja transgénique.
Résister aux insectes et autres agressions de la nature
Ces organismes génétiquement modifiés (OGM) ont été développés pour permettre aux plantes de résister aux insectes et autres agressions de la nature. De nombreux consommateurs refusent de manger des produits transgéniques. Surtout de nourrir leurs bébés avec de tels aliments, qui risquent de provoquer des problèmes de santé.
«A titre préventif, nous demandons à Novartis de retirer des Philippines ses stocks suspectés d’être contaminés avec des OGM. Ils ont effectué une enquête et ils doivent savoir lesquels en contiennent», déclare Von Hernandez, le responsable de la campagne de Greenpeace contre les OGM en Asie du Sud-Est.
Novartis jure que ses céréales Gerber pour bébés vendus aux Philippines répondent aux normes de sûreté alimentaire les plus drastiques de l’Organisation mondiale de la Santé et de l’US Food and Drug Administration. Notez que ces produits ne sont pas commercialisés en Suisse.
«Nos produits sont sûrs. Mais nous allons changer de fournisseur pour les Philippines afin d’éviter que certains ingrédients à base de soja transgénique ne soient intégrés dans nos produits pour bébés», répond un porte-parole de Novartis.
D’autres multinationales suspectées
Greenpeace ne dissimule pas sa satisfaction. Mais Beau Baconguis, son spécialiste des OGM, reste vigilant. «Novartis/Gerber doivent maintenant s’assurer que des épisodes semblables de contamination par les OGM ne soient pas répétés ailleurs dans le monde, en particulier dans les pays en développement», note-t-il.
De son coté, le gouvernement philippin laisse entendre qu’il pourrait, désormais, contraindre les distributeurs de produits alimentaires à indiquer sur leurs étiquettes s’ils contiennent des OGM ou non.
Greenpeace suspecte d’autres multinationales de distribuer aux Philippines, et ailleurs dans la région, des produits à base de soja transgénique. Le lobby vert a lancé, récemment, une campagne analogue en Chine contre Nestlé.
Georges Baumgartner,Tokyo
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