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Swissair: la course contre la montre

Les filiales de Swissair peuvent tenir jusqu’à la mi-novembre mais, d'ici là, il faut que l’argent arrive. Keystone

On n'a toujours pas trouvé de solution pour sauver Atraxis, Swissport et SR Technics. Le temps presse. Le projet de nouvelle compagnie aérienne est menacé.

Le suspens se maintient autour de l’avenir d’Atraxis (informatique), Swissport (services au sol) et SR Technics (maintenance). Trois sociétés du groupe Swissair, indispensables à la bonne marche du trafic aérien, mais qui elles aussi se retrouvent aujourd’hui au bord du gouffre.

Que vont-elles devenir? Un groupe ad hoc, emmené par le canton de Zurich et auquel participent notamment Bâle et Genève, les grandes banques et les aéroports, a planché mardi presque sans discontinuer sur la question. Mais sans aboutir.

Solution la semaine prochaine

Il n’y a pas encore de résultat, a admis Ruedi Jeker. Mais, le Conseiller d’Etat zurichois en charge du Département de l’Economie, s’est voulu positif, en relevant que les contacts avec les milieux économiques privés étaient bons et en évoquant une possible solution, définitive, pour la semaine prochaine.

Voilà qui tranche avec le style ultimatum utilisé, plus tôt dans la journée, par le chef de l’Administration fédérale des Finances. Peter Siegethaler avait averti: la Confédération ne débloquera pas de nouvelles tranches en faveur de Swissair, avant d’avoir reçu des garanties concernant les trois filiales. Délai: mercredi soir.

«Phoenix» menacé

A peine plus d’une semaine après l’annonce du décollage du plan «Phoenix», voilà donc que l’ambitieux projet de sauvetage de la compagnie aérienne suisse est à nouveau menacé. Rappelons que Berne s’était engagé lundi passé à verser un milliard de francs pour assurer le maintien des vols jusqu’à fin mars.

«Cela n’aurait pas beaucoup de sens de financer des vols qui n’ont pas lieu, parce que ces fonctions vitales pour l’aéroport et pour les entreprises d’aviation ne fonctionnent pas», a précisé, au micro de la Radio suisse romande, Peter Siegenthaler, par ailleurs chef de la cellule mise sur pied pour coordonner le plan de sauvetage.

Pas question d’assainir les filiales

Pour la Confédération, pourtant, pas question de débourser un centime de plus pour les filiales en question. Peter Siegenthaler l’a rappelé mardi. Selon lui, c’est aux banques, aux cantons, aux milieux économiques, voire à l’aéroport de Kloten de trouver une solution.

Le problème, c’est qu’à Zurich non plus on ne souhaite pas passer à la caisse. «Cela ne peut pas être le rôle des cantons qui abritent un aéroport, en particulier le canton de Zurich, d’assainir les sociétés annexes avec l’argent de l’Etat», a souligné Ruedi Jeker.

Une restructuration nécessaire

Le conseiller d’Etat zurichois a d’ailleurs mis en garde contre de «faux espoirs»: il n’est pas question de sauver intégralement toutes les filiales. Le but est plutôt de transférer les secteurs indispensables au fonctionnement des aéroports dans une nouvelle structure.

«Ces entreprises ne peuvent pas survivre telles quelles, il faut les redimensionner», a précisé à swissinfo Andreas Hugi, le collaborateur personnel de Ruedi Jeker. La garantie de 100 millions de francs que le canton de Zurich est prêt à fournir à Unique, la société qui gère Kloten, devrait faciliter une telle solution, jouer le rôle «d’étincelle initiale».

Dernier délai: mi-novembre

Le chef du Département zurichois de l’Economie a, en outre, tenu à relativiser le délai fixé mardi par Peter Siegenthaler, tout en admettant que le temps presse. «Il n’y aura pas de désastre demain. Mais chaque jour qui passe augmente le risque qu’il y ait un désastre.» Pour Ruedi Jeker, les filiales annexes de Swissair peuvent tenir jusqu’à la mi-novembre. Mais il faut que d’ici là l’argent arrive.

Pierre Gobet, avec les agences

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