Trois scénarios pour une nouvelle Crossair
La Task force chargée de soutenir la création d'une nouvelle compagnie nationale a présenté dimanche trois scénarios possibles pour la nouvelle Crossair qui doit voir le jour sur les cendres de Swissair. Aucune décision n'a encore été arrêtée.
La Task force a indiqué dimanche lors d’une conférence de presse que le projet de création d’une nouvelle compagnie n’était viable que sur les bases de Crossair et il faut que la nouvelle compagnie soit rentable. Les trois scénarios prévoient une réduction de personnel.
Coût social important dans les trois projets
Jugé le plus souhaitable par le président de la direction de Swissair André Dosé, le projet A prévoit la reprise par Crossair de 26 vols long et moyen-courriers, en sus de ses 82 vols déjà existants. Ce scénario nécessite un capital de 2,2 milliards de francs.
S’y ajoute un milliard pour la phase de transition concernant les vols long-courriers. Quatorze pour cent des effectifs seraient supprimés (4100 personnes en Suisse et 5300 à l’étranger).
Le scénario B prévoit un capital de 1,6 milliard de francs. Quinze vols long-courriers et 26 moyen-courriers seraient repris. Dans ce cas de figure, la coupe dans les effectifs se monterait à 21% (soit 6800 en Suisse et 7700 à l’étranger)
Troisième et dernier scénario: il ne prévoit aucune reprise des vols Swissair. Ce projet table sur la suppression de 40% des emplois, soit 14 500 en Suisse et 12 500 à l’étranger.
Le coût social sera important dans les trois projets. Il est estimé à 650 millions de francs dans le cas de figure A, 1,25 milliard dans le B et 2,7 milliards dans le C.
Le financement de Swissair jusqu’au 28 octobre sera difficile pour les secteurs liés à l’aviation.
800 lettres de licenciement
La semaine dernière, les auxiliaires et les employés à temps partiel ont été remerciés, explique Matthias Mölleney dans une interview publiée dans le «SonntagsBlick» et dans «dimanche.ch». Les 800 postes de travail qui seront supprimés ces prochains jours concernent le personnel d’exploitation.
La situation n’est pour l’heure pas claire en ce qui concerne le sort des employés du secteur aviation proprement dit, indique Matthias Mölleney. Tout dépendra du business plan que Crossair doit normalement présenter lundi.
Le chef du personnel est favorable à la variante prévoyant la reprise de 26 long-courriers et 26 court-courriers de Swissair. Mais le temps manque et «la fusion est très complexe», poursuit-il.
«Si la fusion Swissair/Crossair est réalisée, quelque 10 000 personnes perdent leur emploi. Si elle échoue, nous estimons que jusqu’à 30 000 personnes risquent de se retrouver au chômage.»
swissinfo avec les agences
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