Un groupe minier suisse accusé en Afrique du Sud
Xstrata a-t-il négligé la santé de ses travailleurs employés dans une mine de vanadium en Afrique du Sud? Les autorités mènent une enquête publique.
Cette question sera débattue au cours d’une audition publique organisée par le ministère sud-africain des Mines et de l’Energie.
Elle aura lieu, du 27 novembre au 7 décembre, au club social de la petite ville minière de Steelpoort, dans l’est de l’Afrique du Sud. Il s’agit d’une procédure exceptionnelle.
Sur le banc des accusés: la société Vantech, contrôlée à 100% par Xstrata. Depuis 1991, elle exploite, à Steelpoort, une mine et une raffinerie de vanadium, un métal utilisé dans des alliages et comme catalyseur.
Nombreux problèmes de pollution
L’usine, conçue au départ pour raffiner 12 tonnes par jour, en produit actuellement 17. Selon l’avocat du syndicat des mineurs, cette surproduction serait à l’origine de nombreux problèmes de pollution, qui affectent les 272 travailleurs et les riverains.
Au moins 130 ex-employés de Vantech souffriraient de bronchites chroniques ou d’asthme, provoqués par le pentoxide de vanadium.
La concentration de ce produit dans l’air ambiant, au sein de la raffinerie, serait 31 fois plus élevée que le niveau admis, selon un rapport du ministère des Mines et de l’Energie, remis en juillet dernier. Le rapport a recommandé une série de travaux, que l’entreprise s’est engagée à réaliser.
L’espoir d’obtenir des compensations
Mais le syndicat espère que l’audition publique débouchera sur une condamnation de Vantech pour négligence. Dans ce cas, les malades pourraient obtenir des compensations bien plus élevées.
Le directeur général de Vantech conteste toutefois ces accusations. Selon Chris Smith, seulement 60 travailleurs malades ont dû être licenciés, en dix ans, et la situation s’est fortement améliorée depuis 1999.
Tous les ouvriers portent désormais un masque respiratoire et l’entreprise a investi 4,5 millions de francs suisses pour diminuer la pollution, notamment les rejets de dioxyde de souffre. La direction estime dès lors que le syndicat exagère fortement la gravité de la situation.
Valérie Hirsch, Johannesburg
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