Une visite économique à caractère politique
Pascal Couchepin a terminé sa visite officielle de deux jours en Iran à la tête d'une délégation de représentants de l'économie suisse. Pour le conseiller fédéral - le plus haut responsable suisse à venir à Téhéran depuis dix ans - l'importance de ce déplacement ne fait aucun doute.
«Cette visite a d’abord un objectif économique, mais dans la circonstance actuelle, même un objectif économique a un aspect politique aussi, a déclaré Pascal Couchepin à swissinfo. L’Iran et la Suisse ont condamné vigoureusement les attentats du 11 septembre et le terrorisme. D’ailleurs, la position iranienne est nouvelle.»
Un marché séduisant, mais difficile
Les représentants des sociétés, qui ont accompagné le ministre suisse de l’économie, ont souligné le fait que l’Iran, avec une population de 70 millions d’habitants, est un marché séduisant. Et ce d’autant plus que plus de 70% de la population a moins de 35 ans.
Parmi les sociétés présentes, il y a notamment Nestlé, la Société générale de surveillance (SGS) – présente en Iran depuis de nombreuses années – ABB, Credit Suisse Group, Swissair, la Fondation Beyeler ou encore Novartis.
Reste que le marché iranien est particulièrement difficile. Ainsi, la société Nestlé a dû négocier pendant deux ans et demi avant d’obtenir l’autorisation de s’installer dans le pays. «Mais cela vaut la peine. Car les consommateurs iraniens aiment la qualité et la production locale manque de diversité», a expliqué le représentant de Nestlé, Stuart Young.
Le système de taxation en question
Les représentants des entreprises suisses présents à Téhéran se sont surtout plaints du système de taxation très désavantageux. De même, ils ont demandé une évolution du système bancaire, notamment pour obtenir des prêts auprès des banques locales pour le montage financier des projets.
Le gouvernement du président Khatami et le parlement, dominé par les réformateurs, ont commencé à modifier les lois sur les investissements étrangers. Investissements dont l’Iran a grand besoin. En effet, le pays doit créer chaque année près d’un million d’emplois pour les jeunes qui entrent sur le marché du travail. Un objectif que le pays ne peut atteindre sans l’apport de capitaux extérieurs.
Siavosh Ghazi, Téhéran
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