Vieux tigres suisses pour le Brésil
Après le ministère helvétique de la Défense, c'est le Brésil qui confirme. Il s'intéresse bel et bien aux vieux «Tiger» de l'armée suisse.
L’armée de l’air brésilienne dispose d’un budget de 120 millions de dollars pour renforcer sa flotte d’entraînement. Elle pourrait acquérir entre 12 et 15 «Tiger F5» que la Confédération helvétique a décidé de mettre en vente il y a deux ans.
Un accord de principe
Durant la première quinzaine du mois de février, des représentants des forces armées brésiliennes se rendront donc en Suisse pour négocier l’achat de ces appareils fabriqués aux États-Unis dans les années 70. Ils devraient conclure un accord de principe et définir les modalités de paiement.
Le Brésil dispose déjà d’une flotte de 48 avions de type «Tiger» qu’il utilise pour l’entraînement de ses futurs pilotes de chasse. Et l’achat d’appareils supplémentaires s’inscrit dans un vaste de programme de modernisation, dont le budget s’élève à 3,3 milliards de dollars.
Un transfert de technologie
A noter que la somme destinée à l’achat d’une douzaine d’avions Tiger F5 comprend l’adaptation et la revitalisation de ces appareils. Les monoplaces que les Brésiliens envisagent d’acheter aux Suisses devront, en effet, être convertis en biplace.
Le Brésil cherche ainsi à obtenir une forme de transfert de technologie, sur le modèle d’un accord antérieur. Un accord conclu avec l’entreprise israélienne Elbit, qui est chargée de la modernisation du reste de sa flotte.
La bénédiction des Etats-Unis
Cela dit, la transaction entre Berne et Brasilia exclut la vente de missiles ou de canons. Elle devra encore recevoir l’aval des États-Unis qui disposent, en l’occurrence, d’une sorte de droit de veto en matière de vente de matériel de guerre.
Ainsi, écrit Le Temps, les autorités américaines se seraient déjà opposées à une vente de «Tiger» suisses aux Philippines. Très probablement à cause de l’instabilité qui règne dans ce pays du sud-est asiatique.
Mais la transaction entre la Suisse et le Brésil ne devrait pas, en principe, poser de problèmes. En tout cas pas les mêmes.
Thierry Ogier, São Paulo
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