Foule à Bucarest un an après l’incendie meurtrier d’une discothèque
(Keystone-ATS) Environ 5000 Roumains se sont rassemblés dimanche à Bucarest en mémoire des victimes de l’incendie d’une discothèque survenu il y a un an. Ce drame avait provoqué un mouvement de protestation sans précédent contre la classe politique roumaine.
L’enquête a révélé une série de manquements aux règles de sécurité les plus élémentaires, notamment l’absence de sorties de secours et l’utilisation de matériaux inflammables pour l’isolation acoustique du club. Le scandale avait entraîné la chute du gouvernement social-démocrate de Victor Ponta.
Près de 200 personnes avaient été blessées dans l’incendie provoqué par des feux d’artifice. Au total, 69 personnes y ont perdu la vie: 26 sur les lieux du drame et 38 autres dans les mois qui ont suivi.
Cortège silencieux
Dans une atmosphère de recueillement, les participants se sont rassemblés au centre-ville. Ils se sont ensuite déplacés en silence vers le «Club Colectiv» ravagé par les flammes au soir du 30 octobre 2015.
Des larmes aux yeux, nombre d’entre eux ont allumé des bougies et déposé des fleurs devant un monument inauguré dimanche en mémoire des victimes et contre un mur situé à proximité du club, dont l’accès est toujours interdit. «Un an est passé, rien n’a changé», pouvait-on lire sur une banderole portée par des manifestants.
«Nous espérons que des choses vont changer, sinon cela signifierait qu’il n’y a pas d’espoir» pour la Roumanie, a déclaré Eugen Iancu. Ce père d’un jeune homme décédé dans l’incendie préside d’une association de victimes.
Il s’est dit révolté avant tout par «la misère» qui sévit toujours dans les hôpitaux roumains. Il rappelle que «la plupart des jeunes sont morts à cause de bactéries» attrapées alors qu’ils étaient soignés pour leurs blessures.
Couronne de fleurs
Le président Klaus Iohannis a déposé une couronne de fleurs dans la matinée. Il a regretté qu’un an après «on ne sait toujours pas qui sont les responsables de ce terrible accident».
Six personnes ont été inculpées d'»homicides involontaires»: les trois patrons du club et trois responsables de la société ayant installé les feux d’artifice. Leur procès devrait commencer bientôt. Un maire d’arrondissement, plusieurs fonctionnaires de la mairie et deux pompiers sont également accusés de négligence.