France: troisième année de crise pour le logement neuf en 2025
L'année 2025 ne s'est pas révélée meilleure que les deux précédentes pour la construction de logements neufs avec des chiffres de ventes aux particuliers en repli pour la troisième année consécutive, mais le secteur reprend espoir.
(Keystone-ATS) Le nombre de logements neufs réservés par des particuliers en 2025 a reculé de 6% sur un an, touchant un nouveau plus bas, à 64’867, selon des données provisoires publiées vendredi par le ministère de la Ville et du Logement.
En plus des ménages, 53’761 logements neufs ont été réservés en 2025 par des investisseurs institutionnels, principalement des bailleurs sociaux, en baisse de 7% par rapport à 2024.
Au total, les promoteurs immobiliers ont donc vendu 118’628 logements neufs en 2025. C’est 6,5% de moins qu’en 2024, mais le service statistique du ministère ne fait plus de comparaison avec les niveaux d’avant-crise.
Ces chiffres sont «malheureusement très faibles», déplore auprès de l’AFP Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). «Depuis 2022, c’est de pire en pire et 2025 est la pire des pires années.»
L’année 2025 a commencé avec l’arrêt de la niche fiscale Pinel, qui assurait des avantages fiscaux aux investisseurs particuliers achetant un logement pour le louer à un loyer plafonné.
Cette disparition du soutien à l’investissement locatif a fait chuter le nombre de logements vendus à ce public.
Pour les adhérents de la FPI, «les investisseurs locatifs représentaient autour de 61’000 logements vendus» avant la disparition du Pinel, «en 2025 c’est 9469, donc divisé par sept», selon Pascal Boulanger.
Avant cela, la hausse des coûts de construction et des taux d’intérêt à partir de 2022, qui ont bloqué les projets d’achat immobilier de nombreux ménages, avaient déjà mis un coup d’arrêt au secteur.
Nouvelle incitation fiscale
«Tout cela, j’espère que c’est du passé et que grâce au statut du bailleur privé qui a été promulgué ce (vendredi) matin, cette spirale négative infernale va s’arrêter», affirme plein d’optimisme le président de la FPI.
Le budget de l’Etat pour 2026, dont la quasi-totalité a été validée jeudi par le Conseil constitutionnel, a en effet été promulgué vendredi au Journal officiel.
Il instaure un nouveau dispositif d’investissement locatif pour encourager les ménages à investir dans le logement.
Le gouvernement espère que cette mesure permettra de construire près de 50’000 logements supplémentaires par an. Une prévision qui correspond aux investisseurs perdus depuis la fin du Pinel selon la FPI.
«On sort d’une vraie catastrophe, on a perdu un tiers de nos salariés. Je crois qu’on a touché le fond de la piscine», déclare Pascal Boulanger, qui espérait déjà pourvoir rebondir en 2025.
Du côté de l’offre disponible, les promoteurs ont mis en vente auprès des ménages 73’470 logements neufs, soit 19% de plus qu’en 2024.
Après un nombre de logements commercialisés au plus bas en 2024, les promoteurs ont commencé à reconstituer leur offre en 2025. Mais face aux réservations qui n’ont pas suivi le rythme, le stock de logements à écouler s’élève à 123’945 fin 2025, 3,5% de plus que fin 2024.
«Les délai d’écoulement s’est allongé fin 2025 et une opération de promotion immobilière sur cinq est retirée du marché», relève en revanche Pascal Boulanger pour illustrer les difficultés de vente de son secteur.
En 2025, le nombre de permis de construire accordés pour des logements a progressé de 15% pour atteindre 379’222 autorisations délivrées, selon la première estimation du ministère de la Ville et du Logement, publiée fin janvier.
Les chantiers de construction ont commencé pour 274’611 logements l’an dernier.
Un chiffre encore loin de l’objectif de 400’000 nouveaux logements par an d’ici 2030 que s’est fixé le gouvernement.