France: Sarkozy sort l’arme du référendum pour apaiser l’UMP
(Keystone-ATS) «Excédé» par la crise à l’UMP, l’ancien président français Nicolas Sarkozy est intervenu mardi dans le conflit entre Jean-François Copé et François Fillon. Il a prôné l’organisation d’un référendum sur l’opportunité de départager par un nouveau vote les rivaux à la présidence.
M. Coppé, président proclamé de l’UMP (droite) depuis le scrutin contesté du 18 novembre, a saisi la balle au bond et proposé cette consultation interne à l’ancien premier ministre, qui s’y est dit favorable sous conditions.
Jean-François Copé, qui a rencontré François Fillon une trentaine de minutes mardi après-midi, prévoit la tenue de ce référendum en décembre ou en janvier, selon des modalités supervisées par les camps adverses. En échange, il demande à l’ancien premier ministre de renoncer à la création d’un groupe dissident à l’Assemblée.
Selon l’ancien ministre Patrick Ollier, François Fillon a accepté l’offre mais maintient son groupe parlementaire. Le «geste d’apaisement» de Jean-François Copé a été inspiré par Nicolas Sarkozy, qui a téléphoné mardi matin aux deux protagonistes et à l’ancien premier ministre Alain Juppé.
Il faisait suite à une nouvelle estocade de François Fillon, déterminé à «ne rien lâcher» dans une épreuve de force qui dure maintenant depuis dix jours.
Contrôle d’une commission indépendante
Le député de Paris a demandé l’organisation d’une nouvelle élection «dans les trois mois», sous le contrôle d’une commission indépendante et incontestable. Pour moyen de pression, il a annoncé la création d’un groupe provisoire sous sa présidence à l’Assemblée, le «rassemblement UMP».
Environ 70 députés, «au-delà de nos attentes», ont choisi de «faire chambre à part dans la maison commune de l’UMP», selon son entourage. Au Sénat, 71 «fillonistes» ont demandé à ce que le groupe UMP se prononce en faveur d’une nouvelle élection à la présidence de l’UMP.
Nicola Sarkozy Est «excédé» – terme de son ex-ministre des Sports David Douillet – par la tournure des événements, qui serait de nature à compromettre son éventuel retour à l’avant-scène politique en vue de l’élection présidentielle de 2017.