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Frappe ukrainienne meurtrière à Donetsk

(Keystone-ATS) Au moins 18 personnes ont été tuées dimanche par une frappe de Kiev sur un marché de Donetsk, grande ville de l’est de l’Ukraine sous contrôle de Moscou, l’incertitude entourant par ailleurs les causes de l’incendie qui s’est déclaré sur un terminal gazier en Russie.

Sur le terrain, l’armée russe a, elle, revendiqué la prise d’une petite localité dans la région de Kharkiv, les forces ukrainiennes évoquant une avancée sans «aucune importance» stratégique.

La ville de Donetsk dans le Donbass, située à environ 20 kilomètres de la ligne de front et passée sous le contrôle de séparatistes prorusses pilotés par Moscou en 2014, est régulièrement la cible de bombardements ukrainiens.

Dimanche, une attaque de Kiev sur un marché a provoqué l’un des bilans les plus meurtriers dans la ville depuis plusieurs mois.

«A l’heure actuelle, on dénombre 18 morts et 13 blessés», ont indiqué les autorités d’occupation.

«Le marché a été attaqué le dimanche, au moment où il est le plus fréquenté», a fustigé sur Telegram le chef prorusse de la région, Denis Pouchiline.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent de nombreux corps ensanglantés allongés au sol, des éclats de verre jonchant le sol.

Pression russe accrue

Ailleurs sur la ligne de front, l’armée russe a revendiqué dimanche la prise de Krakhmalnoïe, une toute petite localité dans la région de Kharkiv (est), grâce à des «opérations actives menées avec succès» dans «la zone de Koupiansk».

Si seulement 45 habitants vivaient dans ce village avant le début de l’invasion russe le 24 février 2022, l’annonce de Moscou illustre la pression accrue exercée par les forces russes sur le front est ces dernières semaines.

Jeudi, Moscou avait déjà revendiqué la conquête d’une autre petite localité, Veseloïe, dans la région de Donetsk (est).

De son côté, Kiev a tout de suite tenu à minimiser la prise russe. «Il s’agit de cinq maisons. Elles ont été détruites par les Russes», a assuré à la télévision ukrainienne Volodymyr Fitio, un porte-parole des forces terrestres.

Il a toutefois relevé que les troupes ukrainiennes avaient été «déplacées vers des positions de réserve préparées», où elles «tiennent maintenant la défense, empêchant l’ennemi de continuer à avancer».

La zone de Koupiansk, dans laquelle se trouve Krakhmalnoïe, avait été occupée par la Russie au début de l’invasion russe début 2022, jusqu’à ce qu’une attaque éclair des Ukrainiens libère la région en septembre de la même année, infligeant aux troupes de Moscou une humiliante retraite.

La Russie est repassée à l’offensive sur ce front durant l’été 2023, pendant que l’Ukraine tentait elle, sans succès, une grande contre-offensive dans le Donbass (est) et le sud.

Face aux assauts russes répétés, les autorités ukrainiennes avaient ordonné en début de semaine l’évacuation de 26 localités de la région de Kharkiv, où se trouve Koupiansk, une décision qui concernait environ 3.000 personnes, dont 279 enfants.

Terminal gazier en feu

Pour tenter d’enrayer la machine russe et en représailles aux frappes sur son sol, l’armée ukrainienne multiple aussi ces dernières semaines des attaques de drones et de missiles en territoire adverse.

Dans la nuit de samedi à dimanche, un important incendie s’est déclaré dans un terminal gazier en Russie sur la mer Baltique, provoqué selon Novatek, l’entreprise gérante du site d’Oust-Louga (nord-ouest), par «un facteur externe».

«Il n’y a pas de victimes», a ajouté le géant gazier dans un communiqué, assurant que le feu était «localisé».

Des vidéos sur les réseaux sociaux montraient de hautes flammes et de la fumée, une cuve «de 100 mètres cubes» étant en feu, selon l’agence de presse Ria Novosti. Plusieurs pompiers luttaient pour éteindre l’incendie.

Novatek, tout comme les autorités locales, n’ont à ce stade pas donné de piste éventuelle, mais les regards se tournent vers Kiev, qui reste muet.

Car les forces ukrainiennes ont revendiqué cette semaine deux attaques contre des dépôts pétroliers sur le sol russe, l’un déjà dans la région de Leningrad – où se trouve Oust-Louga – et l’autre dans la région de Briansk, tout proche du territoire ukrainien.

De son côté, le ministère russe de la Défense a comme à son habitude fait état dimanche d’attaques ukrainiennes «déjouées» dans la nuit, sans mentionner d’incident à Oust-Louga.

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