Frappes israéliennes au coeur de Beyrouth, au moins 11 morts
L'armée israélienne a mené d'intenses frappes samedi à Beyrouth détruisant un immeuble résidentiel et faisant 11 morts selon les autorités. La guerre entre Israël et le Hezbollah libanais ne connaît aucun répit malgré les efforts en vue d'un cessez-le-feu.
(Keystone-ATS) Israël qui combat aussi le Hamas dans la bande de Gaza à sa frontière sud, a bombardé par air et à l’artillerie avant l’aube et le matin trois secteurs du territoire palestinien assiégé faisant au moins 19 morts selon la Défense civile.
Les dirigeants israéliens disent vouloir mettre hors d’état de nuire le Hezbollah et le Hamas, des alliés de l’Iran, son ennemi. Il a juré de détruire le Hamas après l’attaque sans précédent de ce mouvement islamiste palestinien sur son sol le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza, et cherche à faire cesser les tirs de roquettes du Hezbollah sur son territoire.
Grosses explosions
Les habitants de la capitale libanaise se sont réveillés au bruit de trois grosses explosions avant l’aube.
Les frappes, qui ont fait au moins 11 morts selon le ministère de la Santé, ont détruit un immeuble résidentiel dans le quartier densément peuplé de Basta. Les secouristes continuent de déblayer les décombres à la recherche d’éventuels survivants.
«Nous dormions et soudain, nous avons entendu trois ou quatre missiles. La frappe était tellement puissante que j’ai cru que le bâtiment allait s’effondrer sur nous», a raconté Samir, 60 ans, qui habite en face de l’immeuble ciblé.
«Ils ont commencé à pleurer»
Samir, qui n’a pas voulu dire son nom, a ajouté avoir «vu deux morts par terre» en sortant de sa maison avec sa femme et ses deux enfants âgés de 3 et 14 ans. «Les enfants et ma femme ont commencé à pleurer.»
Interrogée sur les frappes à Basta, l’armée israélienne n’a pas commenté dans l’immédiat. Des frappes ont également ciblé la banlieue sud de Beyrouth, un fief du Hezbollah situé près de l’aéroport international.
A Chiyah, l’un des quartiers visés, un immeuble a été transformé en un amas de pierre et de ferraille fumant. Autour, des façades éventrées et des fenêtres soufflées. Dans celui de Hadath, les pompiers continuent de lutter contre les flammes dans les bâtiments bombardés.
L’armée israélienne, qui parfois lance des appels d’évacuation avant ses frappes, affirme cibler des «centres de commandement terroristes du Hezbollah», des «dépôts d’armes» ou des lieux ou personnes liées au mouvement.
Cadence accélérée
Le 8 octobre 2023, au lendemain de l’attaque du Hamas contre Israël, le Hezbollah a ouvert un «front de soutien» à son allié palestinien.
Après un an de violences transfrontalières et après avoir affaibli le Hamas à Gaza bombardée sans cesse, Israël a déplacé le coeur de la bataille au Liban voisin en lançant une intense campagne de bombardements le 23 septembre sur les fiefs du Hezbollah.
Le 30 septembre, les troupes israéliennes ont lancé une offensive terrestre dans le sud du Liban, un autre fief du Hezbollah frontalier du nord d’Israël.
Depuis le 8 octobre 2023, plus de 3640 personnes ont été tuées au Liban, selon le ministère de la Santé, la plupart depuis le 23 septembre dernier.
Israël dit vouloir éloigner le Hezbollah des zones frontalières du sud du Liban pour permettre le retour des quelque 60.000 habitants du nord du pays déplacés par les tirs de roquettes.
Au Liban, des dizaines de milliers d’habitants ont également été déplacés.
La cadence des frappes s’est accélérée après la fin d’une nouvelle mission de l’émissaire américain Amos Hochstein, qui a fait la navette entre Israël et le Liban pour tenter de parvenir à un cessez-le-feu.
«Qu’ils nous tuent tous!»
Dans la bande de Gaza ravagée, la Défense civile a fait état de 19 Palestiniens tués dans des frappes israéliennes à Gaza-ville (nord), à Khan Younès (sud) ainsi que des tirs de char à Rafah (sud).
«Notre vie n’est que misère. Qu’ils nous tuent tous pour nous soulager de cette souffrance», s’est exclamée Oum Mohammad Abou Sabla, la soeur d’une des victimes à Khan Younès.
Le Hamas a pris le pouvoir à Gaza en 2007, deux ans après le retrait unilatéral d’Israël de ce territoire qu’il a occupé pendant 38 ans. Avant d’assiéger Gaza le 9 octobre, Israël imposait depuis 2007 un blocus au territoire pauvre et surpeuplé.
Jeudi, la Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant, accusés de crimes contre l’humanité et crimes de guerre à Gaza, ainsi que contre le chef de la branche armée du Hamas, Mohammed Deif.