Dix jours pour mieux comprendre l’Iran
Une délégation suisse a passé dix jours en Iran pour chercher le dialogue avec les institutions de la société civile. Le débat a porté sur le rôle de la femme dans l'éducation, la politique et le système de santé. L'occasion pour la délégation suisse de faire tomber quelques clichés.
La délégation de dix personnes répondait à l’invitation du gouvernement iranien et de l’université Azzahara de Téhéran, réservée aux femmes. Objectif: engager un dialogue entre les deux cultures à travers des représentants des sociétés civiles des deux pays dans le cadre du dialogue entre les civilisation. Un thème lancé par le président Khatami et retenu par les Nations unies pour l’année 2001.
Mais le dialogue n’est pas simple. «Il faut savoir écouter et essayer de comprendre l’autre, avoir beaucoup de tolérance et de patience, commente Anne-Marie Holenstein, chef de la délégation et ancienne directrice du Fond catholique Lenten. Car souvent les mêmes mots ne signifient pas la même chose dans nos deux cultures.»
Dépasser les préjugés
En tout cas, cette visite a permis aux membres de la délégation de mieux comprendre l’Iran et de dépasser quelques préjugés. «On s’est rendu compte que le vrai problème n’était pas l’Islam mais les traditions dans ce pays, ajoute Sybille Burger-Bono, juriste et membre du parlement du canton de Berne, également du voyage. Les femmes utilisent même l’islam pour combattre ces traditions.»
Les dix femmes de la délégation suisse ont été fortement impressionnées par la volonté des femmes iraniennes et leur combat pour obtenir leurs droits. Venant de milieux différents, les dix suissesses ont rencontré cinq femmes parlementaires, des femmes membres du Conseil municipal de Téhéran et d’Ispahan, mais aussi de simples étudiantes.
Les femmes toujours plus présentes
En effet, il y a de plus en plus de femmes qui s’impliquent dans la vie politique et sociale. Signe qui ne trompe pas, l’année dernière, 60% des candidats reçus au concours national pour entrer à l’université étaient des femmes contre seulement 40% d’hommes.
Cette inversion des courbes va sans aucun doute influencer l’avenir du pays. En tout cas, les membres de la délégation en sont persuadés. Début octobre, ce sont les femmes iraniennes qui doivent se rendre en Suisse pour mieux connaître le système politique et social de notre pays.
Siavosh Ghazi, Téhéran
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