La fête continue avec Gaspard, Balthasar et Melchior!
Après avoir accueilli saint Nicolas, le petit Jésus et saint Sylvestre, nous attendons de pied ferme Melchior, Balthasar et Gaspard. Puis, le ventre bien plein, chacun pourra à nouveau vaquer à ses occupations.
L’Epiphanie, ou fête des Rois, marque la fin des congés de Noël. Dernière poussée de fièvre commerciale liée aux réjouissances de fin d’année, la fête des Rois, le 6 janvier, fait le bonheur des confiseurs et autres boulangers. En Suisse, bon an mal an, il s’écoule un million de «gâteaux des Rois» dans lesquels se cache une figurine qui permettra de désigner le roi ou la reine du jour.
Le mot «Epiphanie» vient du grec «epiphaneia», soit «manifestation». Pour les Eglises chrétiennes, l’Epiphanie signifie la révélation de Dieu, incarné par son Fils. Cette révélation est illustrée par l’épisode de l’adoration des mages, qui, du même coup, confère une portée universelle à la naissance de Jésus: les mages étaient en effet des «païens».
L’Eglise chrétienne s’est en fait approprié une fête célébrée bien avant la naissance de Jésus: celle du solstice d’hiver commémorée notamment par les Egyptiens. En Orient, le 6 janvier a d’ailleurs longtemps été considéré comme le jour du nouvel an.·
De la même façon, si l’existence d’une galette dite «des Rois» est attestée depuis le 14e siècle, le fameux gâteau est en réalité bien antérieur à la légende des mages, car les Romains en cuisaient à la fin décembre lors des saturnales, avant l’ère chrétienne.
L’Epiphanie commémore donc la visite des mages, c’est-à-dire des astronomes. Dans la Bible, seul l’évangile de Mathieu évoque leur venue. Mathieu ne précise nulle part que les mages étaient des rois, ni quel était leur nombre.
Mais les évangiles dits apocryphes permirent de compléter son récit… Au 3e siècle, on admit qu’ils étaient trois. Au 9e, qu’ils s’appelaient Melchior, Balthasar et Gaspard. Et au 11e, que l’un d’entre eux était mauresque. C’est ce qu’on appelle une histoire évolutive.
Par ailleurs, la Fête des Rois a suscité moult dictons populaires. Ainsi «Pour les Rois, le jour croît. Fou qui ne s’en aperçoit». Mieux encore: «Il faut boire du vin rouge le jour des Rois pour se faire du bon sang pour toute l’année». Qu’on se le dise!
swissinfo avec les agences
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