Saint-Valentin, patron des fleuristes
En Suisse, la Saint-Valentin n'est fêtée que depuis 50 ans. Elle est entrée dans le calendrier en 1949 sur l'initiative des horticulteurs. Depuis, chaque année, les caisses enregistreuses s'emballent le 14 février.
Du producteur au distributeur, tous les maillons de la chaîne des fleurs voient leur chiffre d’affaires exploser. Chaque année un peu plus, selon la Migros. Et tous s’accordent pour dire que cette explosion est concentrée sur une seule journée: le 14 février.
A la Saint-Valentin, contrairement à Noël, les consommateurs achètent leur cadeau le jour-même. Presque tous choisissent le même: la rose rouge. Avec une nouvelle tendance cette année vers la tulipe, rouge toujours.
Normal, assure un producteur, la clientèle est essentiellement masculine. En choisissant des «classiques», elle ne prend pas de risque. C’est une garantie de succès, en quelque sorte.
Succès pour tous d’ailleurs. Pour les détaillants, la recette est jusqu’à dix fois plus importante qu’un jour normal. Pour les producteurs, l’augmentation est plus difficile à estimer.
La nature impose des limites aux exigences commerciales. «La demande augmente, mais elle peut difficilement exploser», explique Olivier Marc, producteur et membre de l’Association des horticulteurs de Suisse romande.
«Techniquement, la rose est difficile à cultiver. Elle exige des installations techniques pointues, poursuit le producteur. Et, contrairement à d’autres fleurs, on peut difficilement diriger la date de floraison».
Brunner Fleurs, l’un des plus gros producteurs de Suisse, a même renoncé à forcer les cultures. «Nous complétons avec des roses importées», précise son directeur.
En fait, la Saint-Valentin présente tous les désavantages, concluent les producteurs. Elle est fêtée partout dans le monde le même jour. Du coup, le prix est multiplié par trois.
Dans l’idéal, il faudrait changer la date et choisir une autre fleur. Pour faire exploser un peu plus les recettes.
Alexandra Richard
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