Israël perd 24 soldats en un jour, sa plus lourde perte militaire
(Keystone-ATS) Israël a annoncé mardi la mort de 24 soldats à Gaza la veille, sa plus lourde perte militaire en une journée depuis le début de son offensive terrestre. Les pressions s’accentuent sur le gouvernement pour une trêve dans la guerre contre le Hamas.
Selon le porte-parole de l’armée israélienne Daniel Hagari, 21 «réservistes» sont morts lundi dans l’effondrement de deux bâtiments qu’ils étaient en train de miner dans le sud de la bande de Gaza, après un tir de roquette contre un tank proche.
Avec la mort de trois autres soldats dans un incident séparé, Israël a enregistré la perte quotidienne la plus lourde depuis le 27 octobre, portant le bilan total des militaires tués à 221.
C’est un «coup dur», a admis le ministre de la Défense Yoav Gallant, le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, annonçant l’ouverture d’une enquête sur le «désastre» de la mort des réservistes.
A Jérusalem, plus de 200 personnes ont assisté mardi aux funérailles d’une des victimes, Hadar Kapeluk. Son cercueil était porté par des soldats et recouvert d’un drapeau israélien, au milieu de tombes fraîchement refermées.
Khan Younès «encerclé»
L’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre, sur sol israélien, a entraîné la mort de 1140 personnes, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles israéliennes. Sur les 250 personnes prises en otage, une centaine ont été libérés fin novembre lors d’une trêve en échange de prisonniers palestiniens. Sur les 132 otages toujours retenus, 28 seraient morts.
Israël a juré «d’anéantir» le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, et a lancé une vaste opération militaire qui a tué 25’490 Palestiniens, en grande majorité des femmes, enfants et adolescents, selon le ministère de la Santé du Hamas.
Au 109e jour de la guerre, les forces israéliennes ont annoncé avoir «encerclé» Khan Younès (sud), ville natale de Yahya Sinouar, le chef à Gaza du mouvement islamiste, considéré comme l’architecte de l’attaque du 7 octobre.
Le Croissant-Rouge palestinien a accusé l’armée israélienne d’avoir visé son QG dans cette ville, et blessé des personnes réfugiées dans l’enceinte de l’hôpital Nasser.
Le Hamas a de son côté affirmé que des chars israéliens avaient tiré «de manière massive sur les étages supérieurs du bâtiment de chirurgie et le bâtiment des urgences», s’attendant à «des dizaines de blessés». Interrogée par l’AFP, l’armée israélienne n’a pas commenté dans l’immédiat ces allégations.
La question des otages
Le petit territoire palestinien assiégé et dévasté est menacé «d’une famine imminente» a dénoncé l’ONU à Genève, alors qu’au moins 1,7 des 2,4 millions d’habitants ont fui leur foyer, beaucoup se massant dans le sud où ils vivent dans des conditions très précaires. Les Gazaouis sont aussi confrontés à une nouvelle coupure d’internet et téléphone.
La poursuite du conflit et son coût humain font monter la pression sur le gouvernement israélien pour qu’il négocie une nouvelle trêve avec le Hamas, et prépare l’après-guerre dans la bande côtière.
Selon le site d’informations américain Axios, Israël a proposé au Hamas, via la médiation de l’Egypte et du Qatar, une pause de deux mois dans les opérations militaires à Gaza pour un échange entre des prisonniers palestiniens et tous les otages, vivants et décédés.
Le Qatar, médiateur lors d’un précédent accord de trêve et de libération de détenus, a contesté mardi ces informations.
Dans la journée, une source palestinienne bien informée a indiqué à l’AFP, qu’une délégation du Hamas était arrivée mardi au Caire pour «discuter (…) d’une nouvelle proposition de cessez-le-feu». Benjamin Netanyahu, qui rejette l’idée d’un arrêt des combats, a évoqué lundi avec les proches d’otages une «initiative» israélienne mais sans détails, selon la presse locale.
Le gouvernement israélien refuse aussi de discuter d’une «solution à deux Etats», avec un Etat palestinien indépendant aux côtés d’Israël, irritant la communauté internationale. Mardi, le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, a martelé de son côté qu'»Israël «ne peut pas avoir un droit de veto» sur le droit des Palestiniens à disposer d’un Etat.
«Affaiblir» les Houthis
Le conflit exacerbe aussi les tensions entre Israël et les alliés pro-Iran du Hamas dans la région. Le Hezbollah libanais a annoncé avoir tiré mardi des missiles sur la base militaire de Meron, dans le nord d’Israël.
Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont eux mené de nouvelles frappes contre des sites Houthis au Yémen dans la nuit pour «affaiblir» l’arsenal militaire de ces rebelles qui multiplient les attaques contre des navires marchands en mer Rouge et dans le golfe d’Aden.
Selon l’UE, le trafic maritime en mer Rouge a chuté de 22% en un mois, en raison de ces attaques.