L’écrivain et académicien français Jean Dutourd est mort
(Keystone-ATS) Paris – L’académicien Jean Dutourd, romancier et essayiste, est mort lundi soir à l’âge de 91 ans à son domicile parisien, selon une source policière. L’écrivain laisse une oeuvre marquée par une ironie caustique et des prises de positions tranchées, voire provocantes.
Il détestait son époque et se disait nostalgique d'»une société agraire et littéraire». On doit à cet anarchiste de droite, ex-gaulliste de gauche et fervent admirateur du général de Gaulle, plusieurs dizaines de romans.
Parmi lesquels: «Au bon beurre» (Prix Interallié 1952), impitoyable portrait d’un couple de crémiers opportunistes sous l’Occupation, «Les Horreurs de l’amour» (1963), «Masacareigne» (1977), «Le séminaire de Bordeaux» (1987), «Portraits de femmes» (1991), «L’Assassin» (1993), «Journal intime d’un mort» (2004).
Jean Dutourd a également exprimé son goût de la satire et de la polémique notamment dans «Henri et l’Education nationale» (1983), «La gauche la plus bête du monde» (1985) et dans des centaines de chroniques parues dans le quotidien «France Soir» dont il fut éditorialiste pendant près de trente ans (1970-1999).
RésistantDéfenseur passionné de la langue française, entré à l’Académie française en 1978, il a épinglé le langage à la mode et s’est indigné des atteintes subies par le français en particulier dans «Le Fond et la Forme» (essai en trois volumes, de 1958 à 1965), «Ça bouge dans le prêt-à-porter» (1989), critique féroce de la prose journalistique, et «A la recherche du français perdu» (1999).
Né le 14 janvier 1920 à Paris, fils d’un dentiste, Jean Dutourd est licencié ès lettres. Mobilisé en 1940, fait prisonnier, il s’évade et participe à la résistance en 1942 en qualité de co-fondateur du Mouvement Libération-Sud. Arrêté à nouveau en 1944, il s’évade encore et participe à la libération de Paris en occupant les locaux de Paris-Soir.
En 1946, il publie son premier livre, «Le complexe de César», un essai qui lui vaut le prix Stendhal. Directeur de programmes de la BBC à Londres de 1947 à 1950, il est ensuite conseiller littéraire aux éditions Gallimard jusqu’en 1966.