Le sort du milliard de cohésion reste incertain

Les avis sont encore très partagés en ce qui concerne l'aide aux pays de l'Est. swissinfo.ch

A quelques jours des votations fédérales, les partisans de la Loi sur la coopération avec les Etats de l'Europe de l'Est n'atteignent toujours pas la barre des 50%.

Ce contenu a été publié le 15 novembre 2006 - 15:17

En revanche, la Loi sur les allocations familiales bénéficie d'un large soutien, indique le 2e sondage réalisé par l'Institut gfs.berne pour le compte de SRG SSR idée suisse.

La campagne en vue des votations du 26 novembre n'a guère modifié la situation. Si les citoyens devaient voter aujourd'hui, 49% approuveraient l'aide que la Suisse entend attribuer aux pays de l'Est. Cela ne représente que deux points de plus par rapport au précédent sondage réalisé fin octobre.

Les adversaires restent cependant en léger retrait et peinent eux aussi à faire la différence. Ils ne recueillent que 37% des intentions de vote (- 1%). La décision des personnes aujourd'hui indécises, qui représentent 14% des sondés (- 1%), sera donc déterminante le 26 novembre.

L'Institut gfs.berne conclut que l'issue du scrutin reste ouverte. «A deux semaines de la votation, la décision n'est pas encore tombée, note-t-il. En théorie, les deux issues sont possibles.»

Cela est d'autant plus vrai que les différents scrutins organisés ces dernières années sur des thèmes européens montrent que la fin de campagne profite généralement davantage aux adversaires qu'aux partisans d'un rapprochement avec l'UE, rappelle l'institut. Il n'est donc pas impossible que les adversaires parviennent à rattraper leur retard actuel.

Socialistes contre droite dure

Les socialistes restent les plus chauds partisans de l'aide à l'Est. Plus des trois quarts de ses sympathisants (79%) se disent prêts à glisser un «oui» dans l'urne le 26 novembre. Le «oui» est d'ailleurs de plus en plus massif parmi les socialistes; fin octobre, ils n'étaient en effet «que» 69% à soutenir la loi.

Dans le camp opposé, ce sont toujours les démocrates du centre (UDC / droite dure) qui restent les champions du «non». Plus des trois quarts des sympathisants de ce parti (77%) refusent la nouvelle loi. Fin octobre, les démocrates du centre étaient 69% à vouloir voter «non».

Quant aux autres partis de droite, ils restent favorables à la nouvelle loi, mais sans enthousiasme débordant. Les sympathisants radicaux (PRD / droite) sont 62% à soutenir la loi et les démocrates chrétiens (PDC / centre droit) 54%.

Pour le reste, ce nouveau sondage confirme que l'aide à l'Est est davantage soutenue par les citoyens au bénéfice d'une haute formation et davantage dans les zones urbaines que dans les zones rurales.

Quant au critère linguistique – thème toujours sensible lors de votes relatifs aux relations avec l'Europe – il ne donne lieu à aucunes différences significatives. Les germanophones sont 50% (+ 3%) à soutenir la loi, les francophones 46% (- 2%) et les italophones 47% (- 1%).

Les jeux sont faits

Comme lors du premier sondage, la Loi sur les allocations familiales continuent de profiter d'un large soutien. En effet, 70% (+ 1%) des personnes interrogées se disent prêtes à voter «oui» le 26 novembre, alors que les opposants ne parviennent qu'à convaincre 19% (- 2%) des sondés.

L'Institut gfs.berne ne peut que répéter ce qui était déjà évident à la fin octobre: cette loi bénéficie d'un «consensus relativement large au sein de la société». Quelques soient les critères pris en considération (âge, appartenance politique, zone linguistique, sexe ou niveau de formation), le sondage fait toujours apparaître une nette tendance en faveur du «oui».

Les jeux sont donc pour ainsi dire faits. Même si tous les indécis, qui représentent actuellement 11% (+ 1%) des sondés, devaient basculer dans le camps du «non» le 26 novembre, cela resterait largement insuffisant pour rejeter la Loi sur les allocations familiales.

swissinfo, Olivier Pauchard

Faits

Loi sur la coopération avec les Etats de l'Europe de l'Est: 49% de oui (+ 2%), 37% de non (- 1%) et 14% d'indécis (- 1%)
Loi sur les allocations familiales: 70% de oui (+ 1%), 19% de non (-2%) et 11% d'indécis (+ 1%)
Taux de participation prévu: 46% (+ 3%)

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En bref

Il s'agit du 2e sondage réalisé en vue des votations fédérales du 26 novembre.

L'Institut gfs.berne a interrogé par téléphone 1221 personnes dans toutes les régions linguistiques du pays entre le 6 et le 12 novembre.

La marge d'erreur est de plus ou moins 2,8%.

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Les deux objets en bref

La Loi fédérale sur la coopération avec les Etats d'Europe de l'Est donne une nouvelle base légale à la poursuite de l'aide que la Suisse accorde à ces pays depuis la chute du Mur de Berlin. Sa validité est de dix ans.

Cette loi permet à la Suisse d'attribuer un montant d'un milliard de francs aux dix nouveaux Etats qui ont rejoint l'UE au 1er mai 2004. C'est surtout cette mesure qui a poussé la droite dure à lancer le référendum.

La Loi fédérale sur les allocations familiales permet d'harmoniser un peu l'attribution de ces allocations. Actuellement, tous les cantons appliquent des règles différentes.

La loi prévoit une allocation mensuelle minimale de 200 francs pour les enfants et de 250 francs pour les jeunes en formation. Les milieux de l'économie ont lancé le référendum, estimant que cette harmonisation coûterait trop cher aux entreprises.

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