Les communistes confirment leur soutien au gouvernement Babis
(Keystone-ATS) Le parti communiste tchèque KSCM a confirmé samedi son soutien au deuxième gouvernement de l’homme d’affaires milliardaire Andrej Babis, nommé mercredi par le président Milos Zeman. La voie à un vote de confiance par le parlement le 11 juillet est ouverte.
«Le groupe de députés du KSCM va apporter un soutien actif à la naissance du gouvernement minoritaire du mouvement ANO (d’Andrej Babis) et du parti social-démocrate lors du vote de confiance», a déclaré le chef du KSCM, Vojtech Filip, au cours d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion de la direction du parti.
Les partisans du soutien au gouvernement sont «très majoritaires» au sein de la direction du KSCM, selon le chef de ce parti très nostalgique de l’ancien régime totalitaire disparu en 1989.
Le feu vert du KSCM met ainsi fin à des tractations laborieuses sur la formation du gouvernement qui ont duré six mois. C’est aussi la première fois que les communistes jouent un rôle clé dans la formation du gouvernement à Prague. Depuis la «Révolution de velours» de 1989 pilotée par Vaclav Havel (1936-2011), ils étaient tenus à l’écart par d’autres acteurs de la scène politique tchèque.
Deuxième fortune du pays
La lutte contre la migration illégale, la corruption et le gaspillage figurent parmi les principaux objectifs du cabinet, né de l’alliance du mouvement centriste et populiste ANO de M. Babis et du parti social-démocrate CSSD. Sans le soutien du KSCM, les deux partis ne bénéficieraient que de 93 des 200 sièges parlementaires.
Le mouvement ANO de M. Babis – deuxième fortune du pays, fondateur du géant agro-alimentaire Agrofert et qui contrôle aussi deux des principaux quotidiens – a largement remporté les législatives d’octobre 2017. Il détient 78 des 200 sièges au sein de la chambre basse, alors que le CSSD en compte quinze, tout comme le KSCM.
Le KSCM avait déjà préalablement promis à M. Babis son soutien en échange du respect de certaines de ses priorités électorales, surtout dans le domaine social, mais aussi de postes au sein de grandes entreprises d’Etat.
Le premier gouvernement de M. Babis composé de membres d’ANO et d’experts sans étiquette avait échoué lors du vote de confiance en janvier, restant en place jusqu’à la nomination d’un nouveau cabinet.
Les détracteurs de M. Babis lui reprochent notamment son inculpation pour une fraude présumée aux subventions européennes dans une affaire remontant à 2007-2008, ainsi que son appartenance au parti communiste et sa collaboration présumée avec la police secrète StB avant 1989.