Les consommateurs toujours plus mécontents
(Keystone-ATS) Les consommateurs en ont marre des tarifs excessifs pratiqués en Suisse. Le surveillant des prix a reçu l’an dernier le chiffre record de 2796 réclamations. En tête des doléances arrivent les tarifs de La Poste devant ceux des télécommunications, de la santé et des transports publics.
La vie n’est globalement pas devenue plus chère l’an dernier, mais la Suisse reste malheureusement championne des prix en Europe, a constaté vendredi devant la presse Stefan Meierhans. Les annonces des particuliers servent de baromètre des préoccupations des citoyens. Selon le rapport annuel de Monsieur Prix, un plaignant sur cinq, soit 560 personnes, a dénoncé des tarifs postaux.
Ce thème va continuer à occuper le surveillant des tarifs cette année. Ses négociations avec le géant jaune concernant les prix du courrier et des paquets en Suisse ayant échoué, M. Meierhans a ouvert une procédure formelle contre La Poste il y a dix jours. Les résultats sont attendus pour l’automne.
Le surveillant des prix privilégie toutefois les accords à l’amiable. Il a réussi à en conclure une douzaine l’an dernier. Plusieurs accords concernaient la télévision par câble.
Les clients de upc cablecom peuvent désormais accéder à une offre numérique de base non cryptée en échange d’une augmentation de l’abonnement de base au câble échelonnée sur deux ans de 90 puis de 60 centimes. Le tarif des opérateurs régionaux de Téléonex et de Télélancy a également pu être réduit de 10%.
Prix des médicaments
Au chapitre de la santé, les tarifs hospitaliers vont rester à l’agenda de M. Meierhans. Selon lui, les forfaits par cas introduits dans les hôpitaux en 2012 sont trop élevés, ce qui coûte des centaines de millions de francs à l’assurance maladie.
Monsieur Prix a dû rédiger une soixantaine de recommandations à l’attention des cantons. La balle est dans leur camp, mais le surveillant défendra sa position jusqu’au tribunal administratif fédéral. La bataille s’annonce difficile, aussi concernant le prix des médicaments.
M. Meierhans s’est battu en 2012 pour que le taux de change appliqué lors de la comparaison des prix de remèdes avec l’étranger soit plus proche de la réalité. Le taux retenu (1,29 franc pour 1 euro) reste relativement favorable à l’industrie pharmaceutique, a-t-il déploré. Et rien n’est joué, les fabricants ayant recouru contre des baisses de tarifs imposées par l’Office fédéral de la santé publique.
M. Meierhans propose qu’à partir de 2015, un montant fixe soit introduit pour les médicaments dont le brevet a expiré et les médicaments brevetés sans innovation.