Les Journées photographiques s’interrogent sur la vulnérabilité
Les Journées photographiques investissent à nouveau la Ville de Bienne du 9 au 31 mai: 23 artistes et 3 collectifs vont dévoiler leurs oeuvres dans 14 lieux disséminés dans la cité bilingue pour cette 29e édition qui se décline sous le thème "vulnérabilités".
(Keystone-ATS) Le public pourra découvrir un parcours photographique qui tisse un dialogue entre images et lieux et qui se prolonge par des entretiens filmés qui donnent la voix aux artistes. «La ville se déploie comme une constellation photographique», promettent les organisateurs. Trente interventions artistiques réunissant des artistes suisses et internationaux interpellent le visiteur.
Pour la directrice de la manifestation Sarah Zürcher, cette édition part d’un constat simple: nos vulnérabilités ne nous affaiblissent pas, elles nous relient. «C’est un thème qui nous rassemble et qui permet de retrouver nos valeurs humaines», explique jeudi la directrice en commentant les expositions.
Dans un monde traversé par les crises, les Journées photographiques de Bienne veulent donner à voir des images qui ne se contentent pas de documenter, mais qui créent du lien et rendent visibles des réalités marginalisées.
Quatre grands thèmes
En partant de cette conviction, la programmation s’articule autour de quatre axes, précise Sarah Zürcher: les récits de la migration et de l’hospitalité, les féminismes et les politiques du corps, les écologies affectives et les relations au vivant et enfin les gestes artistiques réparateurs où l’image est un espace de résistance.
Pour la première fois, les photojournalistes suisses sont mis à l’honneur, questionnant notre rapport au réel au moment où l’intelligence artificielle reconfigure notre rapport au monde. Ils seront au centre d’une exposition à l’ancien stade de la Gurzelen sur le thème «Prendre soin».
L’exposition «De l’Une à l’autre» retrace deux siècles d’actualité à travers une sélection de 20 Unes issues du Journal de Genève, de la Gazette de Lausanne, du Nouveau Quotidien et du Temps. De 1826 à aujourd’hui, elles témoignent de la manière dont la presse choisit et met en scène des événements.
Visibilité et place des femmes dans les récits historiques, grève féministe du 14 juin 2019, exploration de la perte et de l’exil à travers des photographies de clés liées à des maisons détruites à Gaza, migration à la frontière germano-polonaise ou chaîne de production de la tomate pour illustrer les enjeux contemporains comme la crise climatique ou la migration sont autant de sujets abordés lors de ces Journées photographiques.
Expositions disséminées
Les expositions investissent des espaces classiques comme le bâtiment Schwab du Nouveau Musée Bienne (NMB), le Photoforum Pasquart, des galeries mais aussi des espaces publics et insolites reconvertis pour l’occasion comme le restaurant de la Rotonde, les gradins de l’ancien stade de football de la Gurzelen ou un EMS.
Unique festival annuel de photographie émergente en Suisse, les Journées photographiques ont su se placer sur la scène culturelle nationale. Née en 1997 de la volonté de trois passionnés de photographie d’organiser une fête de l’image, la manifestation s’emploie à décrypter les enjeux contemporains.