Listérioses: découverte de souches hypervirulentes
(Keystone-ATS) Des souches «hypervirulentes» de bactéries, responsables de la listériose, ont été mises en évidence par des chercheurs de l’Institut Pasteur à Paris. Cette bactérie prolifère généralement à basse température, dans les réfrigérateurs notamment.
Ces souches de bactéries plus agressives devraient être prises en considération dans la surveillance des listérioses, «qui représentent près de la moitié des décès par infections d’origine alimentaire dans les pays occidentaux», ont noté les chercheurs dont la revue spécialisée Nature Genetics a publié les conclusions lundi.
Les infections alimentaires peuvent être particulièrement graves pour les femmes enceintes et les personnes âgées. La bactérie du nom de Listeria monocytogenes fait l’objet d’une surveillance dans de nombreux pays. L’étude présentée lundi porte sur près de 7000 souches de Listeria monocytogenes collectées depuis neuf ans. Les souches provenaient de malades et du contrôle des aliments.
«L’analyse des caractéristiques génétiques («génotypage») de ces bactéries a révélé une grande diversité au sein de cette espèce bactérienne, avec une hypervirulence liée à un groupe de six gènes», a indiqué Sylvain Brisse, de l’Institut Pasteur. De plus, l’analyse des données détaillées concernant plus de 800 patients montre qu’on décèle plus souvent ces souches hypervirulentes dans les infections humaines alors qu’elles sont plus rares dans les aliments.
Foetus en danger
L’administration de ces souches à des rongeurs a confirmé l’hypervirulence de certaines d’entre elles avec une capacité particulière à s’attaquer au cerveau et au foetus, alors que d’autres étaient peu ou pas du tout virulentes, selon les chercheurs. L’atteinte foetale occasionne des morts in utero et des accouchements prématurés avec en général une atteinte du bébé (méningite).
Les personnes les plus fragiles, immunodéprimées (traitées pour le cancer, des diabètes ou des insuffisances rénales) et surtout celles cumulant plusieurs pathologies sont plus susceptibles d’être infectées par des souches peu agressives alors que les souches hypervirulentes sévissent surtout chez des patients n’ayant pas ou très peu de pathologies affaiblissant les défenses de l’organisme.
«Ces travaux peuvent en outre contribuer à mieux comprendre les neurolistérioses, notamment le mécanisme par lequel la bactérie réussit à s’attaquer au cerveau et tue 30 à 40% des malades atteints de cette forme de l’infection», ont ajouté les chercheurs.