Lutte renforcée contre le harcèlement-intimidation entre élèves
Le Canton de Vaud renforce sa lutte contre le harcèlement-intimidation entre élèves. Un roman graphique, des ateliers participatifs et des capsules vidéo seront testés dès la prochaine rentrée scolaire, en complément du dispositif déjà existant depuis 2015.
(Keystone-ATS) «Qu’est-ce que je suis censé faire pour l’aider moi?» C’est la question que se pose Dan, le personnage principal du roman graphique intitulé «Après les cours», en voyant d’autres élèves malmener son copain Théo. L’ouvrage a été créé par l’Unité de promotion de la santé et de prévention en milieu scolaire (Unité PSPS). Il est destiné aux élèves de la 9e à la 11e année.
Testé auprès de plus de 250 élèves dans les écoles vaudoises, il sera déployé en phase-pilote dans quatre établissements, dès la rentrée d’août 2026, indique mercredi l’Etat de Vaud dans un communiqué. Le travail autour de ce roman a pour objectif de parler du harcèlement entre élèves, de montrer ses conséquences et d’élaborer des pistes pour y remédier.
«Pour rappel, les phénomènes de harcèlement-intimidation entre élèves se caractérisent par des violences répétées dans le temps. L’effet de groupe crée un déséquilibre de pouvoir qui isole l’élève qui en est la cible et l’empêche de se défendre», écrit le Canton.
Filles plus concernées
Une étude d’Unisanté montre qu’en 2022, 13,4% des jeunes de 15 ans déclarent avoir été la cible de harcèlement-intimidation au moins une fois par semaine au cours des douze derniers mois, contre 7,3% des jeunes de 18 ans. A tous les âges, les filles sont nettement plus concernées que les garçons. L’orientation sexuelle et de genre est citée comme faisant également souvent l’objet de violences répétées.
En plus du roman graphique, des ateliers participatifs seront testés dans cinq écoles, dont un établissement postobligatoire dans plus d’une trentaine de classes. Des capsules vidéo viendront aussi compléter cette offre dans les différents lieux de formation. Elles s’adressent aux enfants de 7 à 17 ans et permettent d’analyser les situations de harcèlement-intimidation entre élèves.
Pour le Département de l’enseignement et de la formation professionnelle (DEF), cette préoccupation n’est pas nouvelle. Depuis 2015, un dispositif cantonal structuré est en place pour lutter contre le harcèlement-intimidation. Il repose sur trois piliers: la promotion du vivre ensemble, la prévention du harcèlement-intimidation entre élèves et l’intervention lorsque ces phénomènes surviennent, réaffirment les autorités cantonales.
Processus MPP
Dans les situations de harcèlement-intimidation rapportées, la méthode de la préoccupation partagée (MPP) est proposée. Elle vise à mettre fin aux harcèlements. Des personnes-ressources sont formées à l’interne des écoles pour accompagner l’élève qui subit le harcèlement.
En parallèle, des entretiens sont menés avec les autres élèves pour casser l’effet de groupe. Actuellement, toutes les écoles obligatoires ont été formées à cette méthode, ainsi que 95% des établissements postobligatoires. Le déploiement se poursuit dans les établissements de pédagogie spécialisée, est-il encore indiqué.