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Le président Emmanuel Macron a été accueilli par le roi Mohammed VI.

KEYSTONE/AP/ABDELJALIL BOUNHAR

(sda-ats)

Le président français Emmanuel Macron, en visite au Maroc, a souligné mercredi la volonté commune de Paris et de Rabat d'oeuvrer en faveur de la stabilisation de la Libye, livrée aux djihadistes. La crise entre le Qatar et l'Arabie saoudite a aussi été évoquée.

Lors de son premier déplacement en Afrique du Nord depuis son investiture, le 14 mai, le chef de l'Etat français s'est entretenu avec le roi Mohammed VI lors d'une audience royale qui a été en grande partie consacrée à la relation bilatérale et aux crises régionales.

Trois ans après la brouille diplomatique entre les deux pays, qui avait conduit Rabat à suspendre sa coopération sécuritaire et judiciaire, la visite d'Emmanuel Macron était l'occasion de conforter le réchauffement des relations avec cet allié stratégique dans la lutte contre le terrorisme.

Partenaire stratégique

"Le Maroc est un pays ami et un partenaire stratégique pour la France", a souligné le président français lors d'une conférence de presse à l'issue de sa rencontre avec le souverain. Il s'est dit "touché par la marque d'amitié" et l'accueil "chaleureux" reçu à son arrivée.

Les relations entre les deux pays sont fondées sur une "vision commune et une volonté de poursuivre nos intérêts conjoints, non seulement au Maroc mais également dans la région et plus largement en Afrique", a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron a notamment réaffirmé la volonté de la France, partagée par Rabat, de multiplier les partenariats communs en Afrique, où le Maroc mène depuis plusieurs années "une diplomatie active". "C'est une chance réciproque", a estimé le chef de l'Etat, qui a appelé à "travailler ensemble davantage".

Apaisement

Les crises régionales et internationales ont, comme prévu, été abordées par les deux dirigeants qui ont fait état d'une vision commune sur la question de la Libye et des tensions diplomatiques dans le golfe Persique.

"Je crois que la volonté commune est de trouver les voies et moyens d'une stabilisation de (la Libye) qui est une préoccupation en matière de sécurité de la région et en matière de route migratoire", a indiqué Emmanuel Macron.

"Sur la situation de tension qui existe aujourd'hui dans le golfe Persique, nous avons réaffirmé, là aussi, une vision largement partagée qui consiste à privilégier d'une part la stabilisation de la région et d'autre part la lutte contre le terrorisme et toutes les formes de financement du terrorisme", a-t-il ajouté.

Le chef de l'Etat français a notamment annoncé que, sur ce dossier, il s'entretiendrait à nouveau dans les prochains jours avec les dirigeants d'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et avec l'émir du Qatar entre autres.

Rif évoqué

"C'est dans ces discussions, en clarifiant les positions, que nous arriverons à plus de stabilité. C'est en tout cas mon souhait et le souhait du roi du Maroc", a-t-il indiqué.

"Nous n'avons aucun intérêt à ce qu'il y ait une tension entre les Etats qui se sont exprimés dans le cadre de ce conflit, d'abord parce qu'il faut que le Golfe demeure calme et stable, ensuite parce que l'ensemble de ces Etats sont parties prenantes des crises de la Syrie comme de la Libye", a-t-il dit.

Emmanuel Macron, dont aucune rencontre avec la société civile n'était prévue au cours de cette visite, a fait savoir qu'il avait évoqué les manifestations qui se sont multipliées depuis octobre dans la région du Rif, contre la corruption notamment.

"Il ne m'appartient pas ici de tenir un jugement sur un sujet de politique intérieur", a-t-il dit, en réponse à une question d'un journaliste. "Néanmoins, j'ai senti que le roi considérait qu'il était légitime qu'il y ait des manifestations (...) et que son souhait était d'apaiser la situation en répondant aux prémices de ces mouvements."

ATS