Nouveaux bombardements américains en Iran
Les Etats-Unis ont poursuivi dans la nuit de mardi à mercredi leurs bombardements en Iran, pour le 11e jour consécutif, après que le président américain Donald Trump a averti qu'il n'en avait "pas fini" avec la guerre. Une alerte aérienne a été déclenchée à Téhéran.
(Keystone-ATS) L’armée américaine a lancé une campagne de frappes contre des cibles militaires de la République islamique, pour «continuer à affaiblir» sa capacité «à menacer le trafic maritime commercial dans le détroit d’Ormuz», la voie stratégique verrouillée par Téhéran, a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM).
Peu avant le début de ces frappes, le président américain avait menacé d’attaquer «très bientôt» un complexe nucléaire souterrain secret dans la montagne Kolang, dans le centre de l’Iran, affirmant que «nous n’en avons pas fini du tout» avec la guerre.
Les coûts s’envolent
Les tensions autour du détroit d’Ormuz, un passage crucial pour le commerce mondial d’hydrocarbures et de gaz, avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d’accord signé à la mi-juin en vue d’un règlement durable du conflit. Celui-ci a commencé avec l’offensive israélo-américaine sur l’Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.
La poursuite des affrontements fait s’envoler les coûts pour les Etats-Unis: il a été estimé mardi à 37,5 milliards de dollars par le ministre américain de la défense, Pete Hegseth, soit une hausse de près de 30% par rapport à la dernière estimation de 29 milliards de dollars. L’ancien présentateur de Fox News a également défendu la demande du gouvernement américain d’une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone, devant le Sénat.
En Iran, peu après l’annonce des frappes américaines, la défense antiaérienne a été activée très tôt mercredi dans plusieurs zones de la capitale, Téhéran, selon la télévision d’Etat.
«Des activités de défense antiaérienne ont été entendues dans l’ouest, l’est et le nord-est de Téhéran», a-t-elle indiqué. Des explosions ont aussi été rapportées par l’agence de presse iranienne Irna à Bouchehr (sud-ouest), où se trouve la seule centrale nucléaire civile en fonctionnement d’Iran, ainsi que des frappes dans le sud et le nord-ouest du pays.
Drones lancés sur le Koweït
Le commandement des forces armées iraniennes, Khatam al-Anbiya, avait déclaré mardi que l’Iran frapperait tous les intérêts américains et ceux de leurs alliés au Proche-Orient si Donald Trump mettait à exécution sa menace d’attaquer un complexe nucléaire souterrain secret.
Téhéran riposte déjà aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis et continue de verrouiller le détroit d’Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires.
Dans la nuit de mardi à mercredi, l’armée du Koweït a dit qu’elle interceptait à nouveau des «drones hostiles». La Jordanie et Bahreïn ont aussi annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens ces dernières 24 heures.
Lors d’une réunion avec l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN) à Manille, aux Philippines, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a souligné mercredi qu’autoriser l’Iran à contrôler le détroit d’Ormuz créerait un «dangereux précédent» avec des conséquences au-delà même du Moyen-Orient.
Menace des Houthis
D’autant plus que les alliés yéménites de l’Iran, les rebelles houthis, menacent désormais d’entraver le trafic de l’autre côté de la péninsule arabique.
Si elle était maintenue, cette menace couperait l’accès aux ports d’Arabie saoudite situés le long de la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d’Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.
Conséquence, le prix du baril de Brent, référence internationale, a dépassé mercredi 92 dollars à l’ouverture des bourses asiatiques, un sommet depuis le 11 juin.