Nouvelle étape vers une caisse maladie publique à Genève
Le scénario de caisse maladie "à vocation publique" à Genève franchit une nouvelle étape. Le Conseil d'Etat a annoncé mercredi un appel d'offres pour un mandataire de même qu'un autre pour un réseau de santé. Avec une entrée en vigueur début 2028 au plus tôt.
(Keystone-ATS) Ce dispositif doit faire faire un virage au système genevois. «Tout en Suisse est organisé sur les soins» et «assez peu sur la détection» des maladies, a répété à la presse le conseiller d’Etat Pierre Maudet, à quelques jours de la révélation des primes d’assurance-maladie.
Face au système inflationniste, le gouvernement genevois veut valoriser la prévention grâce à son projet Béluga. Les économies seraient réinjectées dans la coordination du réseau. A terme, le dispositif devrait permettre de réduire de 20% les primes.
«Notre objectif central est d’améliorer la coordination entre les acteurs de santé», explique le ministre genevois de la santé. «Nous pensons au patient». Celui-ci devra démarrer par un questionnaire et devra rester dans le réseau pour ses soins. Le système doit permettre de mieux accompagner les patients atteints de maladies chroniques.
Les appels d’offres devront rentrer avant la fin de l’année. Le gouvernement statuera ensuite. Le système n’entrera pas en vigueur avant début 2028, «voire plus tard», selon M. Maudet. Tout dépendra du fonctionnement des appels d’offres et du calendrier législatif.
«Pari»
Pour le réseau, un opérateur pourrait rassembler plusieurs acteurs existants. La caisse serait elle pilotée par un assureur ou un consortium prêt à entrer dans une approche «partenariale» qui serait la plus poussée en Suisse. «C’est un peu un pari», étant donné que l’acteur privé ne doit en théorie pas faire de l’argent sur l’assurance obligatoire, admet M. Maudet. Mais plusieurs entreprises seraient déjà intéressées.
Par conséquent, la caisse ne serait pas à proprement parler publique, mais «à vocation publique». Et avec un calcul sur 50’000 assurés, elle devrait se doter d’un capital de départ de 60 millions. Le changement pourrait ne pas plaire à tous les médecins, mais «tout le monde est d’accord» sur l’importance d’optimiser le système et de tester de nouvelles approches, insiste M. Maudet.
La décision de mercredi fait suite à un rapport d’un groupe d’experts qui recommandait un réseau intégré adossé à une assurance-maladie publique genevoise. Au centre des préoccupations, la prime moyenne a plus que doublé en plus de 25 ans à Genève pour passer à 572 francs en 2025.
Conséquence, 200’000 personnes recevaient alors des subsides d’assurance-maladie à Genève, soit 38% de la population, pour un volume de 713 millions de francs l’année dernière. Et 26% de la population renonce à des soins pour des raisons financières. Mais selon le conseiller d’Etat Thierry Apothéloz, l’explosion de la facture doit être attribuée à l’augmentation des primes, pas aux subsides.