Aubaine pour les Affaires étrangères
Le futur rôle de la Suisse au sein de l'ONU figure au menu de la conférence annuelle des ambassadeurs.
Et pour cause, l’adhésion devrait entraîner «un travail considérable» pour la diplomatie helvétique. Dixit Joseph Deiss.
Promotion de la sécurité humaine. Droit humanitaire. Politique des sanctions. Et droits de l’homme. «Nos priorités sont claires, rappelle le patron de la diplomatie suisse.
Autant de dossiers, ajoute Joseph Deiss, que le Département fédéral des affaires étrangères «connaît à fond.»
Mais, avertit le chef de la diplomatie, notre responsabilité dans ce domaine implique un travail considérable. De la part de la centrale (à Berne). Et de la mission suisse à New York.
Bref, les ambassadeurs présents à Berne cette semaine sont au parfum: ils vont devoir faire des heures supplémentaires.
Un défi de taille
Le défi est de taille. L’enjeu aussi. La participation pleine et entière de la Suisse aux Nations Unies doit lui permettre de promouvoir au mieux les grands principes qu’elle défend.
Professeur à l’Institut universitaire de hautes études internationales (HEI) de Genève, Victor-Yves Ghebali renchérit: «les domaines d’excellence de la diplomatie suisse peuvent gagner en visibilité dans l’enceinte onusienne».
Une visibilité qui fait cruellement défaut au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).
De haut-fonctionnaires du gouvernement confirment. Sous le couvert de l’anonymat, certains vont même jusqu’à dire que l’adhésion de la Suisse à l’ONU est une bouée de sauvetage pour le DFAE.
Un travail collectif
De fait, le ministère des Affaires étrangères n’a pas la haute main sur tous les gros dossiers extérieurs. Loin s’en faut.
C’est, par exemple, le Département de l’économie qui a la haute main sur les négociations menées à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Ce sont les Finances qui sont responsables de la politique suisse au sein des institutions financières internationales comme le FMI ou la Banque Mondiale.
Et c’est le ministère de Moritz Leuenberger qui gère les dossiers relatifs aux transports ou au développement durable.
Sans oublier les questions de santé publique qui sont suivies par le ministère de Ruth Dreifuss. Et la collaboration judiciaire internationale qui est pilotée par le Département de Ruth Metzler.
«Raison pour laquelle, précise le porte-parole du DFAE, la politique étrangère de la Suisse est toujours un exercice interdépartemental.»
Un rôle de coordination
«Mais, poursuit Livio Zanolari, c’est le DFAE qui assure la coordination du dossier dans les enceintes internationales.»
Reste que ces dossiers nécessitent de solides compétences en matière de négociations multilatérales.
Or, selon un proche d’un ministre, ces compétences-là manquent à bon nombre de fonctionnaires du DFAE.
Pourtant, à en croire Livio Zanolari l’apprentissage de ce savoir-faire figure au programme de la formation de nos diplomates.
swissinfo/Frédéric Burnand, Genève
Le budget annuel du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) est de 578 millions de francs.
Avec celui de la Direction du développement et de la coopération (DDC), il grimpe à 2 milliards francs.
En dix ans, le DFAE a ouvert 11 ambassades, 4 consulats et 3 bureaux de coordination.
En dix ans le DFAE a fermé 5 ambassades, 3 consulats généraux et 11 consulats.
La Suisse compte 170 représentations dans le monde.
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