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Fin du sommet des enfants: la Suisse critique

L'UNICEF a notamment pour objectif d'offrir une meilleure assistance médicale aux enfants et aux jeunes. swissinfo.ch

Les participants au sommet de l'ONU sur le droit des enfants ont adopté un plan d'action jugé «faible» par les ONG. La Suisse partage cet avis.

Les 189 membres de l’ONU réunis à New York pour ce sommet consacré aux droits des enfants ont adopté une résolution finale dans la nuit de vendredi à samedi. Le plan d’action, valable pour la prochaine décennie, a été adopté à l’unanimité.

Intitulé «un monde digne pour les enfants», le document dégage quatre priorités: la santé, l’éducation, la protection contre les abus, l’exploitation et la violence, et la lutte contre le sida.

«Je suis très fière et j’apprécie ce qui a été accompli cette semaine», a déclaré Carol Bellamy, directrice du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), lors de la clôture de la session spéciale de trois jours de l’Assemblée générale de l’ONU. «Si les dirigeants tiennent les promesses qu’ils ont faites, nous aurons un énorme changement positif dans le monde en moins d’une génération», a-t-elle ajouté.

ONG critiques

Si la réunion est considérée comme un succès par l’UNICEF, des organisations non-gouvernementales (ONG) ont émis des critiques. Une trentaine d’entre elles ont assisté aux débats au cours desquels les 189 Etats ont dressé un bilan de l’action entreprise depuis un premier sommet en 1990 et fixé des objectifs à atteindre d’ici 2015.

Un groupe d’organisations de défense des droits de l’enfant s’est déclaré «très déçu du compromis» atteint. Jo Becker, de Human Rights Watch, a accusé la délégation américaine de n’avoir «cédé aucun terrain» et les délégations européennes d’avoir plié devant ses exigences pour pouvoir arriver à un consensus.

Le représentant suisse à la conférence, Jean-François Giovannini, a également estimé que «peu de progrès avaient été réalisés». Il a notamment critiqué les Etats-Unis pour leur conservatisme, les enjoignant de ratifier la Convention sur les droits de l’enfant de 1989. Les Etats-Unis sont le seul Etat avec la Somalie à ne pas avoir franchi ce pas.

Fortes résistances face à l’avortement

Les objectifs eux-mêmes ne posaient pas véritablement de problème, s’inscrivant dans la continuité de précédentes réunions. Mais un chapitre sur les «stratégies» à employer a déchaîné les arguties.

La volonté des Etats-Unis, appuyés par «la plupart des pays arabes et le Saint-Siège», d’éviter tout encouragement même implicite à l’avortement a conduit à un affrontement avec plusieurs délégations, Européens en tête.

Résultat: Washington a obtenu que le document ne fasse plus mention de la nécessité de fournir des «services de médecine de la reproduction», mais seulement des «soins de médecine de la reproduction».

La réticence américaine à évoquer les programmes d’éducation sexuelle, tout comme la théorie selon laquelle l’abstinence est le plus sûr moyen d’éviter les maladies sexuellement transmissibles et les grossesses non désirées, a également créé des difficultés supplémentaires.

Pas à l’aise avec les enfants

Le sommet s’était ouvert mercredi avec un constat très sévère dressé par le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan. «Nous, les grandes personnes, nous avons misérablement échoué à protéger beaucoup de droits essentiels des enfants», avait-il lancé devant quelque 70 chefs d’Etat et de gouvernement réunis pour l’occasion.

Les enfants, pour la première fois présents à une Assemblée générale de l’ONU, avaient expliqué de leur côté que la jeune génération «ne constitue pas une dépense, elle représente un investissement».

Fait étrange pour un sommet consacré à l’enfance: certains diplomates ne se sont pas retrouvés très à l’aide avec les enfants. «A certains moments, on avait l’impression que certains parlaient pour la première fois à un enfant», remarque Claudia Kaufmann, secrétaire générale du Département fédéral de l’intérieur.

swissinfo avec les agences

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