L’offensive du CICR au Proche-Orient
L'organisation humanitaire va doubler son budget en faveur de la Cisjordanie et de Gaza. Une aide d'urgence exceptionnelle acceptée par Israël.
«Les incursions militaires, les bouclages prolongés ainsi que la destruction des infrastructures publiques et des biens privés ont plongé la population palestinienne dans une misère extrême.»
Dixit, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Qui, fort de ce constat alarmant, vient de prendre un tournant.
Il a décidé d’augmenter massivement l’aide d’urgence qu’il apporte déjà dans les territoires occupés et les territoires autonomes palestiniens.
Ainsi, 30 000 familles vivant dans les villages de Cisjordanie recevront des vivres. 10 000 d’entre elles bénéficient actuellement déjà de ce programme.
Cette aide ira également à 20 000 familles installées dans les neuf principales villes de Cisjordanie. Une intervention en milieu urbain que n’avait jamais entrepris le CICR jusqu’à maintenant.
Une population bloquée
«Il est devenu très difficile de se déplacer, souligne Werner Kaspar, chef des opérations du CICR pour le Moyen-Orient. La population a toutes les peines du monde à s’approvisionner en eau et en nourriture.»
Le Comité international de la Croix-Rouge va également élargir son programme en faveur des familles dont les maisons ont été détruites. Désormais 4000 familles en bénéficieront.
Parmi les autres bénéficiaires du soutien massif de l’organisation humanitaire, figurent le Croissant rouge palestinien et – dans une moindre mesure – son équivalent israélien, le Magen david adom.
Ce déploiement d’activité implique l’acheminement, cette année, de 120 000 tonnes de matériel sur le terrain.
Le CICR va également doubler le nombre de ses délégués sur place, soit 100 expatriés. Sans compter le nombre des employés locaux qui, eux, vont passer de 110 à 170.
«C’est une première, remarque Werner Kaspar. Nous n’avons jamais eu une présence si forte en Israël et dans les Territoires palestiniens.»
Ce déploiement ne devrait pas être entravé par l’Etat hébreu. «Le gouvernement israélien nous a fait des promesses très fermes», confirme le chef des opérations du CICR au Moyen-Orient.
Les pays arabes sollicités
Pour financer ses opérations devisées à 79 millions de francs pour cette année, l’organisation lance un appel urgent à ses donateurs. «Il nous manque 68 millions de francs», précise Werner Kaspar.
«Le CICR compte en particulier sur les pays arabes, poursuit le chef des opérations pour le Moyen-Orient. Notre président, Jakob Kellenberger, a d’ailleurs lancé un appel aux diplomates arabes représentés à Genève.»
Le gouvernement suisse, lui, sera officiellement contacté cette semaine. «Son aide ne devrait pas poser de problème», estime Werner Kaspar. Qui reconnaît qu’il sera difficile, en revanche, de convaincre l’ensemble des donateurs.
«Une assistance aussi massive en faveur de la population palestinienne ne fait pas partie de notre mission traditionnelle, admet Werner Kaspar. Mais, actuellement, nous sommes les seuls à pouvoir acheminer une telle aide dans tous les territoires palestiniens.»
Dès l’année prochaine, le CICR compte d’ailleurs passer le relais à d’autres organisations.
swissinfo/Frédéric Burnand à Genève
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