La 5e Suisse découvre l’ONU de l’intérieur
La partie officielle du Congrès des Suisses de l'étranger a pris fin ce samedi, à Davos. Les 500 participants ont pu découvrir les Nations unies à travers le témoignage de personnalités, confrontées directement à l'ONU. Parmi elles, le ministre suisse des affaires étrangères. Joseph Deiss, qui s'est prononcé sans réserve en faveur de l'adhésion de la Suisse à l'ONU.
«Non seulement la Suisse n’a rien à perdre, mais elle a tout à y gagner.» Pour le conseiller fédéral, l’adhésion est une évidence. La Suisse est déjà membre de l’ensemble des organisations spécialisées de l’ONU. Financièrement, elle débourse 500 millions de francs par année.
«Je ne m’explique donc pas pourquoi nous ne faisons toujours pas partie des Nations unies, a poursuivi Joseph Deiss. Ce qui a finalement pour seule conséquence de nous priver du droit d’être associés aux prises de décisions.» Pour le ministre des affaires étrangères, franchir le pas de l’adhésion, ne serait, en fait, qu’«une démarche logique et naturelle».
L’histoire d’une union sans acte de mariage
D’autant plus que les liens qui unissent la Suisse et l’ONU ne datent pas d’hier. Ce que l’ambassadeur Erwin Hofer a appelé «l’histoire d’une union sans acte de mariage». L’histoire de deux êtres qui s’aiment et se fréquentent depuis des décennies. Reste maintenant à formaliser cette union.
Pour l’ambassadeur, l’Organisation des Suisses de l’étranger (OSE) et l’ONU ont également une histoire commune. L’OSE est née en même temps que l’ancêtre des Nations unies, la Société des Nations. Aujourd’hui, toutes les deux se composent d’une multitude de partenaires venus du monde entier et poursuivent les mêmes objectifs.
La neutralité, toujours elle
Argument favori d’une certaine frange de l’UDC: l’adhésion signifie la perte de la neutralité. C’est faux, répondent en cœur tous les intervenants. «Si l’on considère ce que l’adhésion a apporté à d’autres Etats neutres, on s’aperçoit que ce sont eux qui, souvent, font le plus en faveur du maintien de la paix et du respect du droit international», a encore plaidé Joseph Deiss.
Si elle n’adhère pas, la Suisse serait alors le seul pays avec le Vatican à ne pas faire partie de l’ONU, a rappelé le conseiller fédéral. Avant d’inviter les Suisses de l’étranger à entrer dans le débat. Pour l’enrichir d’un regard différent. Et surtout, Joseph Deiss a appelé la 5e suisse à voter.
L’OSE favorable à l’adhésion
Ce sera sans doute au printemps prochain. Le Conseil des Etats a déjà dit oui à l’initiative pour l’adhésion de la Suisse à l’ONU. Le Conseil national doit encore aborder la question durant la session d’automne. Seule opposition, pour l’instant, celle de l’UDC qui va proposer un contre-projet à l’initiative populaire.
L’Organisation des Suisses de l’étranger, elle, s’est déjà prononcée l’année dernière. Elle avait alors adopté une résolution pour l’adhésion de la Suisse à l’ONU.
Alexandra Richard, Davos
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