La Croix-Rouge en mission sur le front intérieur
Assimilée très souvent aux guerres et aux famines, la Croix-Rouge suisse agit surtout à l'intérieur du pays. Où les besoins augmentent.
Jeudi, la journée mondiale de la Croix-Rouge était célébrée en Suisse, comme ailleurs.
Le 8 mai, le père de la Croix-Rouge, Henry Dunant, aurait eu 175 ans. L’occasion ou jamais de rappeler l’épopée qui fut à l’origine de la naissance de la Croix-Rouge.
Tout débute sur le champ de bataille de Solferino, dans le Nord de l’Italie. Constatant que les soldats blessés ne reçoivent pas les soins adéquats de la part des belligérants, Henry Dunant entreprend de mobiliser des sauveteurs.
C’est le début de la Croix-Rouge. Et la date retenue par l’Histoire sera 1859.
Retour dans le présent, où l’on célèbrait jeudi la journée mondiale de la Croix-rouge.
Bien sûr, Croix-Rouge et Croissant-Rouge ont profité de l’occasion pour lancer de nouvelles campagnes en faveur des victimes civiles de la guerre en Irak ou destinées à résoudre la crise sur le front du Sida en Afrique.
Mais des pays aussi riches que la Suisse ont également des besoins dans le domaine humanitaire.
Des besoins spécifiques
Porte-parole de la Croix-Rouge suisse, Beat Wagner précise: «Si c’est bien notre action à l’étranger qui attire l’attention des médias, notre priorité est pourtant de répondre aux besoins intérieurs, en Suisse».
«Notre principal champ d’action concerne l’assistance sociale, le sauvetage et les soins en Suisse. Et les besoins augmentent», indique Beat Wagner.
«La population change dans sa composition, dit-il. De même que la nécessité d’anticiper et de s’adapter aux nouveaux besoins qui naissent dans notre société».
Il faut d’ailleurs relever que la majeure partie des contributions qu’elle encaisse, la Croix-Rouge suisse la réinjecte en Suisse même.
Sur le terrain, l’organisation se dit particulièrement concernée par deux problématiques apparues ces dernières années.
Immigrants et familles
Il y a d’abord l’immigration. La hausse du nombre d’arrivants en Suisse engendre en effet des besoins d’aide nouveaux.
Beaucoup d’immigrants n’ont ni toit, ni la maîtrise des langues, ni surtout aucune idée des soutiens qu’ils peuvent obtenir auprès des services sociaux. Sans compter qu’ils doivent parfois affronter le rejet de Suisses réfractaires à leur présence.
Par ailleurs, la Croix-Rouge doit faire face à un autre problème. En Suisse, toujours plus de familles rencontrent des difficultés à joindre les deux bouts.
Deux explications à cela. D’abord le retour de la crise. Mais aussi la multiplication des familles mono-parentales, qui se démènent entre garde des enfants et travail.
«Nous devons trouver de nouvelles manières de traiter ces problèmes encore très neufs», indique le porte-parole de la Croix-Rouge.
Une grande inquiétude financière
Du point de vue des finances, la branche suisse est généralement considérée comme l’une des organisations de Croix-Rouge parmi les plus solides. Le mérite en revient surtout au soutien pécuniaire de l’Etat.
D’une année à l’autre, le gouvernement suisse et d’autres institutions publiques prennent en charge entre 15% et 20% de son financement.
Or, ce soutien pourrait être remis en question. La Confédération envisage actuellement une réduction de ses dépenses, notamment en faveur des organisations humanitaires.
Une telle éventualité porterait un coup très dur aux activités de la Croix-Rouge, assure Beat Wagner.
«Cette perspective nous inquiète. Si ces coupes devaient se concrétiser, elles auraient un effet immédiat sur notre budget. Ce qui affecterait non seulement notre organisation, qui ne représente pas une fin soi, mais aussi les personnes qui en dépendent».
D’autant qu’aux dires de Beat Wagner, il serait très difficile pour les organisations humanitaires de se financer par d’autres moyens.
swissinfo, Joanne Shields
(traduction, Pierre-François Besson)
– La Suisse joue un rôle central dans l’histoire de la Croix-Rouge. C’est un Suisse, Henry Dunant, qui a fondé l’organisation en 1863.
– Les principes fondamentaux de la Croix-Rouge incluent la neutralité et l’impartialité, repris des fondements de la Suisse. L’emblème de l’organisation est une inversion du drapeau helvétique.
– Le mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a trois composantes
– La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, à travers ses 178 membres, se concentre sur la gestion des catastrophes et sur les soins.
– Le Comité international de la Croix-Rouge est une institution suisse de droit privé qui apporte aide et protection aux victimes de conflits. Il est le garant des Conventions de Genève.
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– Les sociétés de Croix-Rouge nationales représentent localement l’organisation. Certaines de ces sociétés sont appelées Croissant-Rouge dans les pays réticents à travailler sous l’emblème de la croix.
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