La démocratie directe en phase avec la Suisse
Le politologue Claude Longchamp vole au secours de la démocratie directe. Il publie une étude qui montre qu'elle ne rend pas la Suisse ingouvernable.
Le directeur de l’institut de recherche GfS a analysé la formation de l’opinion au sujet des initiatives et des référendums. En moyenne, le camp gouvernemental s’impose dans un peu plus de la moitié des scrutins, écrit-il dans une recherche, publiée vendredi.
La part du non a augmenté
Lorsque ses projets sont soumis au référendum, le Conseil fédéral obtient en moyenne le soutien d’environ 60% des votants. En revanche, l’appui moyen accordé aux initiatives populaires, ces «projets d’opposition», ne dépasse pas 35% des voix. Seule une initiative sur dix recueille une majorité.
M. Longchamp a analysé l’évolution des opinions avant et pendant la campagne, puis lors de la votation, sur une cinquantaine d’objets depuis 1989.
Dans presque tous les cas étudiés, la part du non a augmenté durant la campagne. Les initiatives portant sur des objets «minoritaires» – comme les techniques de reproduction artificielle en 2000 – n’avaient aucune chance dès le départ.
Même pour les initiatives potentiellement «majoritaires», le taux d’approbation diminue de 15 à 25% au cours de la campagne, en raison de la propagande adverse et des contre-projets des autorités. C’est pourquoi elles ne conservent une majorité lors du scrutin que dans un cas sur dix.
Le sort des référendums dépend fortement du nombre d’indécis au début de la campagne ainsi que de la communication.
Si les indécis sont nombreux et que les autorités se montrent peu communicatives, ou que l’opposition domine la campagne, la majorité des indécis va rallier le camp du non.
swissinfo avec les agences
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