La recherche scientifique crie famine
Pour 2004-2007, le FNRS demande une rallonge de 1,25 milliard de francs au gouvernement. C'est l'avenir de la recherche suisse qui est en jeu.
Le chiffre peut paraître exorbitant. Il représente une hausse de plus de 80% du budget actuel du Fonds national suisse de la recherche (FNRS).
Mais, pour le FNRS, c’est le prix à payer si la Suisse veut conserver sa compétitivité au niveau international.
Une inquiétude légitime
Les chercheurs suisses sont inquiets. Très inquiets. D’ailleurs, un sondage mené auprès de 3700 professeurs et scientifiques le confirme.
«Une inquiétude légitime», renchérit la présidente du Conseil national de la recherche. Et Heidi Diggelmann d’expliquer que «la place scientifique suisse est sur le déclin».
«La recherche fondamentale helvétique est l’une des meilleures du monde, dit-elle. Mais, aujourd’hui, elle doit faire face à une perte de compétitivité qui est due essentiellement au gel des subventions publiques.»
Des moyens insuffisants
Ainsi, dans le domaine de la recherche fondamentale, les demandes de subsides – déposées en dehors des programmes nationaux – ont augmenté de 42% au cours des dix dernières années. Mais, dans le même temps, le budget disponible, lui, n’a progressé que de 17%.
La sélection des projets est impitoyable. Les montants alloués – en moyenne 100 000 francs par an et par projet – sont très nettement insuffisants.
Le FNRS regrette que le soutien à ces projets soit lié aux fluctuations conjoncturelles. Et il entend réagir.
En d’autres termes, il souhaite encourager davantage la recherche fondamentale – qui absorbe pourtant déjà quelque 56% de ses moyens.
Autres priorités
Par ailleurs, il veut investir plus dans la recherche orientée – qui ne représente actuellement que 16% de son budget.
Enfin, il veut augmenter le nombre de pôles de recherche nationaux. Qui devraient passer de 14 à 20.
Autre problème, la relève. Nombre de jeunes scientifiques partent à l’étranger pour y parfaire leurs connaissances. Si la place scientifique helvétique perd sa compétitivité, ils risquent bien de ne pas revenir au pays.
Pour diminuer ce risque, le FNRS estime qu’il faut relever les rémunérations des doctorants. Et encourager les universités à développer des programmes plus compétitifs.
Enfin, le FNRS préconise aussi des réformes internes. Celles-ci visent notamment à une plus grande autonomie des scientifiques face à leurs bailleurs de fonds.
En clair, il veut que le Conseil de la recherche soit le seul à décider de la faisabilité d’un projet.
swissinfo/Jean-Louis Thomas
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