La Suisse soutient une étude de l’ONU sur l’Irak
Le Programme des Nations Unies pour l'environnement a publié une étude d'impact de la guerre sur l'Irak, financée par la Suisse.
L’idée avait été lancée lors de la Conférence humanitaire de Genève, les 15 et 16 février.
Le directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l´environnement (PNUE), Klaus Toepfer, a rendu publique une première étude d´évaluation des dégâts causés à l´environnement par le dernier conflit en Irak.
L’ONU plaide pour une action immédiate pour protéger l’environnement en Irak.
L’idée de cette étude, financée par la Confédération, a été lancée par la Suisse lors de la réunion humanitaire organisée par la ministre des Affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey, les 15 et 16 février à Genève, rappelle un communiqué de l´ONU.
D’après ses conclusions, la restauration des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement, la dépollution et le nettoyage des décharges afin de réduire les risques d’épidémie liés à l’accumulation d’ordures et de déchets toxiques doivent être considérés comme prioritaires.
Uranium appauvri
Klaus Toepfer a également recommandé une évaluation scientifique des sites frappés par des armes contenant de l´uranium appauvri (UA). Il a demandé la formulation de lignes directrices destinées au personnel civil et militaire pour réduire au minimum les risques d´exposition accidentelle à ce toxique.
A ce stade toutefois, le PNUE ignore encore l´ampleur et les effets de «l´utilisation intensive d´armes à uranium appauvri», confirmée par le commandement américain le 26 mars.
L´agence de l´ONU souhaite recevoir, de la part des autorités anglo-américaines, les coordonnées précises des sites visés.
Elle considère que les risques d´inhaler des poussières radioactives est élevé dans un périmètre de 150 mètres autour des bâtiments ou des chars pris pour cible.
Les armes à l´UA ont été utilisées de manière massive par les Américains dans la région de Bassorah lors de la guerre du Golfe de 1991.
«En Irak, nombre de problèmes environnementaux sont si inquiétants qu´une évaluation et un plan d´assainissement s´imposent de toute urgence. Tous les plans de reconstruction doivent tenir compte de l´environnement», a déclaré le responsable de l´étude Pekka Haavisto.
Problèmes chroniques
L´environnement doit être considéré comme prioritaire dans la reconstruction (économique et politique) du pays. La gestion des ressources en eau, la protection des écosystèmes (notamment les marais mésopotamiens), l´élimination des substances dangereuses répondent à des besoins urgents.
Le PNUE constate en outre que le conflit de ces dernières semaines a aggravé les problèmes chroniques qui se sont accumulés en Irak depuis 20 ans.
La guerre Iran-Irak dans les années 80, la guerre du Golfe en 1991, la mauvaise gestion du régime de Saddam Hussein et l´impact économique des sanctions ont causé des dommages écologiques graves.
Faute d´investissements dans l´industrie pétrolière, les installations sont mal entretenues et les risques de fuites augmentent depuis plusieurs années. L´absence de gestion des bassins fluviaux a conduit à la dégradation des principales voies fluviales du pays.
Les bombardements intensifs et les déplacements massifs de véhicules militaires et de troupes ont en outre accentué la dégradation des écosystèmes, signale le rapport du PNUE.
Et les conflits précédents ont laissé derrière eux «de grandes quantités de débris militaires, y compris des munitions non explosées».
swissinfo et les agences
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