Le gouvernement jurassien bascule à gauche
La droite mord la poussière lors de l'élection du gouvernement de la République et canton du Jura.
Radicaux éjectés, Démocrates-chrétiens réduits à deux sièges, ce sont les Socialistes et les Chrétiens-sociaux qui raflent la mise.
Coup de théâtre au second tour de l’élection au gouvernement jurassien: le Parti démocrate-chrétien (PDC ; centre-droit) n’occupera plus que deux des cinq sièges de l’exécutif cantonal, au lieu de trois jusqu’ici.
Quant à la Libérale-radicale (droite) Anita Rion, elle n’a pas été réélue. Le gouvernement aura donc une majorité de gauche composée de deux Socialistes et d’un Chrétien-social indépendant.
La participation a atteint 53,6%.
Les sortants en tête
Dans l’ordre, le Socialiste sortant Claude Hêche (13 458 voix) arrive en tête devant le ministre PDC Jean-François Roth (12 087), suivi du PDC sortant Gérald Schaller (11.759), de la socialiste Elisabeth Baume-Schneider (11 420) et du Chrétien-social indépendant Laurent Schaffter (10 903).
Le PDC Charles Juillard, nouveau, n’a récolté que 10 452 voix, suivi de la ministre radicale sortante Anita Rion (9899) et du «sans parti» Alain Bregnard (1652).
A l’hôtel du Boeuf à Delémont, siège du Parti socialiste, une foule en délire a accueilli l’annonce des résultats puis, plus tard, l’arrivée successive d’Elisabeth Baume-Schneider avec sa famille et du premier élu, Claude Hêche.
Ce dernier s’est déclaré «content» mais entend garder les pieds sur terre. «Ce résultat confirme la progression de la gauche dans le Jura mais il faudra composer», a-t-il admis
«Un grand bonheur»
«C’est un grand bonheur, on peut véritablement maintenant qualifier le Jura de pays ouvert», a déclaré Elisabeth Baume-Schneider.
«C’est le gouvernement rêvé, mais maintenant il faut se mettre au travail», a-t-elle ajouté en précisant que sa préférence va au département de l’éducation et de la culture, occupé précédemment par Anita Rion.
L’alliance entre Démocrates-chrétiens et Libéraux-radicaux (PLR) était pourtant censée permettre à la droite de conserver la majorité au gouvernement.
Mais il semble que les électeurs n’aient pas suivi les mots d’ordre de leurs partis après l’appel de plusieurs vieux militants démocrates-chrétiens, comme Joseph Voyame, de «voter pluraliste», c’est-à-dire sans les Radicaux.
Stratégie défaillante
«Je ne le prends pas comme un échec personnel», a brièvement déclaré Anita Rion peu après sa défaite. Elle considère en effet qu’elle ne doit son mauvais résultat qu’à l’échec de l’entente bourgeoise.
Un avis partagé par Michel Fluckiger, président du Parti libéral-radical. Qui ne peut que constater: «l’entente PDC-PLR n’a pas apporté ce qui était attendu.»
«Le peuple a décidé mais le résultat n’est pas conforme à ce que le PDC attendait», a observé de son côté Jean-François Roth, avant de poursuivre: «il faut mettre cette réalité à l’épreuve des faits.»
L’autre élu PDC, Gérald Schaller, est néanmoins satisfait de son résultat, tout en étant déçu que l’augmentation de la participation entre les deux tours n’ait favorisé que la gauche.
swissinfo avec les agences
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