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Le peuple dépassé par les enjeux

La majorité des sondés reste opposée à la construction de nouvelles centrales nucléaires. Keystone Archive

Malgré le rejet des initiatives anti-nucléaires du 18 mai, les Suisses resteraient opposés à la construction de nouvelles centrales nucléaires.

L’analyse VOX des dernières votations fédérales révèle une compréhension imparfaite des objets soumis au vote.

Avec neuf objets, les votations du 18 mai en demandaient beaucoup aux Suisses. Et selon l’analyse VOX du scrutin, les votants ont souvent peiné à cerner les enjeux.

La preuve? Dans les deux semaines qui ont suivi le scrutin, des motifs de vote sans rapport avec le contenu ont souvent été donnés aux enquêteurs.

Toutefois, avec une participation avoisinant les 49%, les votants ont accordé une importance au-dessus de la moyenne ou au moins moyenne à la majorité des objets, estiment les analystes de l’institut GfS.

Une crainte non fondée

Il y a mieux. La crainte préalable au scrutin que le peuple, dépassé, prenne des décisions sans nuances ne s’est pas vérifiée.

Un chiffre illustre ce constat: 21% du corps électoral a voté blanc une fois. L’analyse VOX a du reste pu déceler différents profils de vote.

Reste que, selon le sondage, un pourcentage de personnes bien plus faible que la moyenne des dernières années a pu citer le thème des votations.

S’agissant de l’initiative des loyers loyaux (rejet à 67,3%), la moitié des sondés n’ont pu donner aucune indication sur les motifs de leur vote. Pour le GfS, c’est le reflet «de la complexité de l’objet et de sa signification profonde».

Du côté des opposants à l’initiative, les motifs généraux et peu concrets ont dominé. Et l’appartenance politique a pesé de tout son poids. Les gens de gauche et du centre ont accepté le projet, la droite l’a refusé.

L’argument du coût



Refusée également (à 62,4%), l’initiative des dimanches sans voitures a suscité des sympathies. Mais seule la gauche lui a offert un soutien majoritaire.

L’initiative pour des places d’apprentissage n’a pas fait mieux (refusée à 68,4%). Elle n’a mobilisé que la gauche et l’extrême-gauche. Par contre, les sondés ont invoqué de nombreux motifs pour justifier leur vote.

Dans le cas de l’initiative santé, la position du Parti socialiste est plus précaire. Avec un projet-maison, le PS n’est même pas parvenu à convaincre ses propres troupes. Seuls 59% des sympathisants du parti de gauche ont accepté le projet. Au total, le peuple avait apposé son refus le plus massif du scrutin (à 72,9%).

Face à cette même initiative, les opposants avaient brandi l’arme des coûts financiers. Et l’analyse VOX est explicite: au final, les votants ne savaient pas si l’acceptation de l’initiative allait réduire ou augmenter les coûts.

Selon l’analyse VOX, le même argument de la rentabilité économique a fait capoter l’initiative «Droits égaux pour les personnes handicapées» (rejetée à 62,3%).

En dehors des personnes directement concernées par le handicap, les Suisses n’ont favorisé le principe de l’égalité que de la gauche jusqu’au centre de l’échiquier politique.

Anti-nucléaire malgré lui

Le rejet des initiatives «Sortir du nucléaire» (66,3%) et «Moratoire plus» (58,4%) rejoint le clivage gauche-droite. Mais l’analyse VOX offre une image surprenante.

Selon l’étude, la majorité de tous les sondés ne veut pas de nouvelles centrales nucléaires. Autrement dit, ils approuvent l’exigence principale de l’initiative sur le moratoire!

Aux yeux des analystes, la défaite pourrait être liée à la méconnaissance notable de l’objet chez les opposants. Du reste, un tiers d’entre eux n’ont pu justifier leur vote.

Lors de ces votations du 18 mai, sept des neuf objets avaient été balayés. Le peuple avait accepté le référendum sur la réforme de l’armée (76%) et celui sur la réforme de la protection de la population et de la protection civile (80,5%).

Selon l’analyse VOX, la population a considéré les deux objets comme un paquet. Et toutes les composantes politiques y ont adhéré. Mais une nouvelle fois, la complexité fait loi. Une forte proportion de votants n’a pu justifier sa décision.

swissinfo et les agences

– L’Institut GfS a mené un sondage auprès de deux fois mille personnes dans tout le pays. Et cela dans les quinze jours après le scrutin du 18 mai. L’Institut des Sciences politiques de l’Université de Zurich l’a ensuite analysé.

– Les élections et votations font l’objet d’enquêtes post-électorales depuis 1977 en Suisse. Elles permettent une analyse fine des résultats des scrutins.

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